{"id":216,"date":"2018-09-23T18:26:21","date_gmt":"2018-09-23T18:26:21","guid":{"rendered":"https:\/\/felixarseneau.com\/letempspete\/?p=216"},"modified":"2018-09-24T01:37:41","modified_gmt":"2018-09-24T01:37:41","slug":"cote-des-neiges","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/felixarseneau.com\/letempspete\/2018\/09\/23\/cote-des-neiges\/","title":{"rendered":"C\u00f4te-des-Neiges"},"content":{"rendered":"<p>Un sifflement strident parcourt la station. Un bourdonnement sourd aussi. Dieu seul ici sait d&rsquo;o\u00f9 peuvent venir ces bruits. Ligne bleue. Des gens jacassent comme si de rien n&rsquo;\u00e9tait. Et moi je fais semblant d&rsquo;\u00eatre assis contre le mur, fesses fr\u00f4lant mes talons. Soudain j&rsquo;entends un train gronder au loin. C&rsquo;est celui d&rsquo;en face. La jeune fille que j&rsquo;accompagne fait les cents pas devant moi, semelles claquant sur le sol de granit.<\/p>\n<p>Tiens&#8230; voil\u00e0 d\u00e9j\u00e0 l&rsquo;autre qui arrive.<\/p>\n<p>Je me rel\u00e8ve. Nous entrons rapidement dans le wagon. Nous nous asseyons sans tarder, alors que retentit le timbre de la fermeture des portes. Le train repart. Une odeur de sucr\u00e9 envahit mes narines. M\u00eame si elle est agr\u00e9able, je n&rsquo;y porte pas plus attention.<\/p>\n<p>Une jeune femme aux souliers brillants comme du titane, ensemble jean bleu p\u00e2le, style fin ann\u00e9es 1990, sort \u00e0 la station Universit\u00e9-de-Montr\u00e9al. Un jeune homme roux, cheveux attach\u00e9s barbe fournie, s&rsquo;assoit sur un banc derri\u00e8re moi, \u00e0 ma gauche.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Prochaine station : Edouard-Montpetit\u00a0\u00bb dit une voix pr\u00e9-enregistr\u00e9e. Alors que j&rsquo;\u00e9cris, mes fesses combattent la duret\u00e9 du banc de plastique bleu d&rsquo;un vieux train de m\u00e9tro. Le voil\u00e0 immobile, mais personne n&rsquo;a sembl\u00e9 s&rsquo;ajouter d&rsquo;o\u00f9 je suis. \u00ab\u00a0Prochaine station : Outremont.\u00a0\u00bb\u00a0 J&rsquo;ai mal \u00e0 une main. Une crampe? Non. Je ne sais trop.<\/p>\n<p>Des flashs de lumi\u00e8res parcourent les fen\u00eatres. De la lumi\u00e8re blanche, il me semble. Mon estomac vide se plaint. Assise \u00e0 ma droite, la jeune fille a le regard fuyant sur la vitre. Devant elle, une dame en tenue sombre, chandail \u00e0 motifs de fleurs, pourtant. Elle tient un sac d&rsquo;\u00e9picerie sur roulettes, noir aussi, tout comme ses cheveux courts, reluisants, comme l&rsquo;\u00e9b\u00e8ne.<\/p>\n<p>Un homme \u00e2g\u00e9, troisi\u00e8me \u00e2ge, bouche entre-ouverte, cheveux blancs. Il porte aussi son manteau d&rsquo;un blanc cass\u00e9 celui-l\u00e0. Sur son genou droit, une casquette bleu p\u00e2le, m\u00e9lange parfait de deux teintes : son manteau et son jean couleur jean. La dame en tenue sombre s&rsquo;est lev\u00e9e de son si\u00e8ge. Elle sort \u00e0 la prochaine, \u00ab\u00a0station Parc\u00a0\u00bb, annonce-t-on.<\/p>\n<p>La dame sort; un homme, lunettes noires, s&rsquo;assoit en face du vieux. Ensemble sport noir et blanc, boite \u00e0 lunch grise, un peu brillante, comme du m\u00e9tal imprim\u00e9. Une montre ronde trop grande \u00e0 mes yeux. \u00ab\u00a0Prochaine station : Jean-Talon\u00a0\u00bb. \u00c0 ma gauche, une femme habill\u00e9e aussi de noir. Pas tout \u00e0 fait. Son manteau, oui; pas son jean. Et son sac. Le vieil homme, puis cette femme, sans se consulter, quittent le train.<\/p>\n<p>Une foule de gens s&rsquo;entassent dans le wagon, trop pour y accorder suffisamment d&rsquo;attention. \u00ab\u00a0Prochaine station : Fabre\u00a0\u00bb; voil\u00e0 d\u00e9j\u00e0 notre destination. Le train remonte d&rsquo;une certaine hauteur. Des lumi\u00e8res bleues m&rsquo;\u00e9blouissent, et rapidement, le temps de l&rsquo;\u00e9crire, c&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 le temps de sortir.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un sifflement strident parcourt la station. Un bourdonnement sourd aussi. Dieu seul ici sait d&rsquo;o\u00f9 peuvent venir ces bruits. Ligne bleue. Des gens jacassent comme si de rien n&rsquo;\u00e9tait. Et moi je fais semblant d&rsquo;\u00eatre assis contre le mur, fesses fr\u00f4lant mes talons. Soudain j&rsquo;entends un train gronder au loin. C&rsquo;est celui d&rsquo;en face. La [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[102,120,122],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/felixarseneau.com\/letempspete\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/216"}],"collection":[{"href":"https:\/\/felixarseneau.com\/letempspete\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/felixarseneau.com\/letempspete\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/felixarseneau.com\/letempspete\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/felixarseneau.com\/letempspete\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=216"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/felixarseneau.com\/letempspete\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/216\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":219,"href":"https:\/\/felixarseneau.com\/letempspete\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/216\/revisions\/219"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/felixarseneau.com\/letempspete\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=216"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/felixarseneau.com\/letempspete\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=216"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/felixarseneau.com\/letempspete\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=216"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}