{"id":224,"date":"2018-10-02T19:42:25","date_gmt":"2018-10-02T19:42:25","guid":{"rendered":"https:\/\/felixarseneau.com\/letempspete\/?p=224"},"modified":"2018-10-04T00:04:49","modified_gmt":"2018-10-04T00:04:49","slug":"dans-le-metro","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/felixarseneau.com\/letempspete\/2018\/10\/02\/dans-le-metro\/","title":{"rendered":"Dans le m\u00e9tro"},"content":{"rendered":"<p>Tout est calme, station Fabre; six minutes avant le prochain train. Je suis assis sur un banc de plastique ti\u00e8de, le dernier \u00e0 droite d&rsquo;une s\u00e9rie de trois autres, vides. Je regarde les nouvelles des \u00e9lections d&rsquo;hier sur l&rsquo;\u00e9cran au-dessus du quai d&rsquo;en face.<\/p>\n<p>En peu de temps, deux jeunes femmes sont venues s&rsquo;asseoir \u00e0 ma gauche, l&rsquo;une apr\u00e8s l&rsquo;autre, sur les bancs du fond. L&rsquo;une a les cheveux blonds, l&rsquo;autre, bruns; toutes deux les portent longs, aux \u00e9paules.<\/p>\n<p>Le train d&rsquo;en face arrive. De son vieux moteur, il \u00e9corche mes tympans.<\/p>\n<p>Une autre jeune femme s&rsquo;installe, debout, \u00e0 ma droite. Elle porte son manteau, capuchon sur sa t\u00eate, sans les manches &#8212; comme si elle voulait le faire s\u00e9cher. C&rsquo;est un manteau de plein air \u00ab\u00a0The North Face\u00a0\u00bb tout noir.<\/p>\n<p>Mon train arrive.<\/p>\n<p>Je fais quelques pas sur le quai pour atteindre le deuxi\u00e8me wagon \u00e0 droite. Les portes s&rsquo;ouvrent; j&rsquo;entre rapidement. Prochaine station : Jean-Talon. J&rsquo;ai trouv\u00e9 un si\u00e8ge pour \u00e9crire, mais je suis vite arriv\u00e9.<\/p>\n<p>Je sors. Je monte au quai de la ligne orange, direction C\u00f4te-vertu.<\/p>\n<p>Me voil\u00e0 accot\u00e9 sur le mur, alors que j&rsquo;entends le train arriver. Un Azur. Je le reconnais par le bourdonnement caract\u00e9ristique qu&rsquo;il fait: \u00ab\u00a0zooooom\u00a0\u00bb; il glisse devant moi, au ralenti. Les portes s&rsquo;ouvrent. Je m&rsquo;\u00e9lance dans le train, et m&rsquo;arr\u00eate o\u00f9 deux wagons se joignent. Un vent frais souffle fort sur la feuille o\u00f9 j&rsquo;\u00e9cris. Je m&#8217;empresse de la saisir de la main gauche et la coincer sur mon bloc-notes. Je suis debout, dos contre le mur cylindrique du boa.<\/p>\n<p>Prochaine station : Rosemont. Je sens l&rsquo;odeur de la gomme \u00e0 m\u00e2cher de la personne \u00e0 ma gauche. Une autre jeune femme, v\u00eatue enti\u00e8rement de noir, tout comme moi. Son visage au teint p\u00eache contraste avec tout le reste. Devant moi, une jeune femme aux traits asiatiques parle anglais avec un jeune homme aux teint l\u00e9g\u00e8rement bronz\u00e9. Nous sommes d\u00e9j\u00e0 \u00e0 Laurier.<\/p>\n<p>Prochaine station : Mont-Royal. Le vent souffle toujours tr\u00e8s fort. Je suis si pr\u00e8s de la femme en noir qu&rsquo;on pourrait croire que je suis avec elle. La jeune femme d&rsquo;en face porte un manteau rose tr\u00e8s p\u00e2le et un sac \u00e0 dos aux couleurs de feuilles d&rsquo;automne ou de feuilles mortes, comme un camouflage d&rsquo;arm\u00e9e. \u00c0 sa main gauche elle tient un parapluie noir compact avec de fines bordures rouges. La voil\u00e0 qu&rsquo;elle part, apr\u00e8s avoir salu\u00e9 son compagnon de conversation.<\/p>\n<p>Prochaine station : Berri-UQ\u00c0M. Le jeune homme s&rsquo;est avanc\u00e9. Il porte un manteau vert kaki et un sac \u00e0 dos au motif quadrill\u00e9 noir et rouge. Je sors. Un autre vent souffle dans la station, un vent plus frais que celui du train. Me voil\u00e0 un instant assis, laissant passer la foule; le temps d&rsquo;\u00e9crire ceci, et je repars.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tout est calme, station Fabre; six minutes avant le prochain train. Je suis assis sur un banc de plastique ti\u00e8de, le dernier \u00e0 droite d&rsquo;une s\u00e9rie de trois autres, vides. Je regarde les nouvelles des \u00e9lections d&rsquo;hier sur l&rsquo;\u00e9cran au-dessus du quai d&rsquo;en face. 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