Directement de WordPress

Je m’apprête à expérimenter un nouveau moyen d’écrire. Que dis-je? Je suis en train de le faire en ce moment même.

Ce « nouveau » mode d’entrée est pourtant habituel. J’ai déjà écrit directement dans WordPress des dizaines de fois, non? Qu’est-ce qui ferait de cette fois, une fois si particulière?

Je tente quelque chose de nouveau. Ça pourrait s’appeler de la méta-écriture. Je n’en sais rien. Essayons de CAPTER quelque chose dans cette expérience d’écriture directement sur le blogue.

Non, rien n’est différent. Essayons plus fort. Tout cet espace m’apparait si familier. Qu’est-ce qui pourrait être différent, cette fois? Rien!

Essayons encore plus fort. Tiens, ça vient…

Un clavier. Mes doigts dessus. Des erreurs. Des touches, pourtant. Des lettres. Des phrases. Ma tête pleine de quelque chose de rien. Pas d’idée, et pourtant, j’écris quand même. Qu’est-ce qui se passe dans ma tête? Ça s’affole. C’est la fatigue. Des petites lignes rouges pour m’indiquer les erreurs. Mes bras, fatigués. Mes lunettes sales.

L’environnement. La cuisine. Une table, une chaise. Mes pieds nus entrecroisés. Mes mains lâches sur le bord du portable. Une maison en désordre. Une table pleine de bricoles. Des devoirs non faits. Mon nez qui coule. Ma main qui touche mon nez, qui renifle aussitôt. Mes orteils qui se démangent, qui se frottent, qui claquent des doigts de pieds.

Une épaule, la droite, affaissée. Une légère douleur. C’est la piscine qui m’a causé ça. Je suis allé aujourd’hui, mais après trop longtemps. J’y suis aussi resté un peu trop, et pourtant pas assez; j’ai abusé de mon corps déjà fatigué. Mon cou en compote. Mes os qui craquent. Mes nerfs qui souffrent. Ou peut-être pas.

Mon estomac qui digère. Mon colon qui pousse. (Désolé pour l’image.)

Je regarde à gauche : des produits étalés sur le comptoir. Des aliments, surtout. De quoi grignoter ou casser la croute. Des bananes mûres, juste assez pour en faire du pain délicieux. Des galettes de riz et de maïs. Une collation indienne, à partir de farine de pois chiches et d’épices. Beaucoup d’épices. Des raisins peut-être. Des arachides aussi.

Des noix de cajou, des grains de melon abandonnés depuis longtemps. Un pot de Nutella qui n’est pas végane du tout. Deux boîtes de conserves : des pois chiches à soixante-neufs cents à l’épicerie pas loin. Des pistaches dans un pot; il en reste la moitié. Des jus de fruits couchés, en rangées, deux épaisseurs. Un rouleau de papier essuie-tout, encore neuf ou à peine amorcé. Un grille-pain qui attend la prochaine commande. Une étuveuse à riz prête à tout, si c’est du riz.

Du savon à vaisselle biodégradable. Du savon pour les main en liquide, acheté chez Dollarama. Ce n’était pas mon idée. Un sac à lunch encore plein de contenants vides, et rincés. Un tas de barres d’énergie, une bonne douzaine, flocons d’avoine, raisins secs.

Trois bancs qui reçoivent rarement de la visite, recouverts uniquement de choses à manger ou à dresser la table.

Un plancher de bois flottant qui fait dur.

Sur le mur, devant moi, un tas de dessins, de peintures aquarelles et souvenirs. Un tableau noir vide. Un planificateur en retard. Un calendrier incomplet.

Sur le contrôleur d’humidité qui fonctionne trop peu, un hygromètre plus sûr de lui dans ses chiffres.

Une lampe allumée au fond du salon. Le réfrigérateur qui ronronne, puis s’arrête soudainement. Le lapin qui reste aux aguets. Je n’entends que le bruit des touches du clavier que je martèle, et même le ventilateur de l’ordi a cessé de fonctionner. Je peux m’entendre respirer. Puis un sifflement sourd, un bruit que mes oreilles créent à force d’être usées. Le ventilateur de l’ordi a décidé de s’activer de nouveau. Subtil bruit. Sourdine.

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