Nouveaux proverbes, potentiels ou probables

La majorité des proverbes que nous utilisons de nos jours ont été inventés depuis des siècles, voire des millénaires, peut-être!

Et si on en créait de nouveaux, à l’image du 21e siècle?

Je vous en propose quelques uns, la signification que je leur donne, et une signification potentielle pour plus tard.

  • Rien de moins « net » qu’Internet.
    On trouve beaucoup de faussetés sur le web. (Ne te fie pas à tout ce qui t’est présenté.)
  • Google mange des effaces pour déjeuner. = Une fois publié, jamais oublié.
    Une fois publié sur le web, très difficile de l’effacer. (Faites attention à ce que vous dites, parce que les écrits restent.)
  • Petit texto, gros bobo.
    Un petit message peut causer de gros ennuis. (Ne sous-estimez pas la gravité d’un petit geste anodin.)
  • CC rime avec cessez.
    Coupez court avec les copies conformes. (Évitez d’attirer inutilement l’attention sur vous.)
  • L’avatar avait tort, mais en ressort le sort.
    Ce que tu dis derrière ton identité numérique, tu en es toujours responsable. (Sois conséquent avec tes actions.)

Bon voilà. D’autres idées?

Encore un…

Déjà 19h35. Le temps file… Vite! Publions au moins quelque chose avant que tout le monde dorme!

Il y a de ces soirs où on a juste envie de laisser défiler les mots au bout de la ligne, comme ce soir.

Avouons que c’est une drôle d’idée, quand même, de se donner comme défi d’écrire chaque jour, même quand la tête est juste incapable de produire de l’originalité. Juste des phrases ordinaires, comme celles-ci.

Il m’est arrivé, et je pense que j’en ai déjà parlé, que j’aie trouvé de l’inspiration en écrivant, exactement comme l’appétit peut venir en mangeant, et comme devenir forgeron arrive en forgeant. J’espérais vivement que ce genre de parallèle survienne : voilà, je suis exaucé d’un même paragraphe.

Mieux, je vais faire comme d’une pierre deux coups : je vais faire d’une phrase deux sens. Où? Comment? Pourquoi? Je l’ignore encore.

En fait, j’avais écrit un message au sujet de cette expression. Je l’avais trafiquée pour lui donner un autre sens. Je vais donc, soit le faire de nouveau, soit le faire antérieurement. Après le futur antérieur, je dévoile le passé postérieur. Drôle de nom, quand même.

Petite leçon de français que je viens tous juste de suivre : postérieur quand on parle du temps, c’est après quelque chose (ce qui suit); quand on parle de l’espace, c’est derrière… (o_O)

Bref, ce qui vient après, c’est ce qui s’est déjà derrière. Peut-être faut-il le prendre avec un brin de philosophie…

Déjà 20h09. Ah mince! Mes 34 minutes sont écoulées.

Pourquoi trente-quatre? Parce que j’ai décidé d’arrêter maintenant. Voilà.

Un mot bienvenu

Hier, j’ai un petit peu pesté contre l’utilisation de l’expression Bon matin, qui semble être apparue dans le décor out of nowhere, comme on dit en si bon français. Cette expression calquée sur l’anglais semble se répandre comme la peste; merci à Radio-Canada et autres fouteurs de trouble…

Pourtant, d’autres expressions calquées sur l’anglais me dérangent beaucoup moins, voire me réjouissent, comme le fameux Bienvenue québécois, que l’on répond après que quelqu’un ait dit Merci.

Non seulement je trouve ça cute et sympathique, je le préfère de loin à la banale expression : De rien.

Pourquoi? Simplement parce que dans De rien, il y a le mot rien, tout simplement. Rien, c’est négatif. On devrait plutôt dire Tout le plaisir est pour moi, ou encore mieux Ça me fait plaisir! N’est-ce pas plus joli à entendre?

C’est pour ça que, lorsque j’entends dire Bienvenue, ça me fait plaisir aussi. Ça veut dire quelque chose exactement comme : Reviens-moi là-dessus quand tu veux, je serai là volontiers pour toi. Il y a quelque chose de vraiment bien senti dans le Bienvenue, quelque chose de sincère.

Quand on dit De rien, ou encore pire Pas de trouble (ouch!), on sent l’obligation d’être poli, sans plus. On sent même la gêne de poser un geste civique ou amical. Comme si on se sentait mal à l’aise d’aider son prochain ou simplement de lui faire plaisir.

C’est comme si l’on disait : C’est correct, mais je me demande vraiment si c’était une bonne idée ou encore : Ça me dérange pas de t’avoir aidé, mais ça ne vient pas vraiment de mon fond…

C’était le fond que je recherchais. Le voilà.

Ah, ces chiens…

On dit que le chien est le meilleur ami de l’homme.

C’est vrai?

Moi, je n’ai pas de chien. Par contre, j’ai un meilleur ami… ou plutôt une meilleure amie.

Et je peux vous assurer que ma meilleure amie n’a rien à voir avec un chien!

En voici toute la démonstration.

D’abord, un chien, vous devez régulièrement sortir avec, pour aller le promener.

Ma meilleure amie et moi, on ne sort pas ensemble. On est juste amis. De plus, je ne l’enverrai jamais promener, parce que c’est une amie, et une personne que je respecte. Je fais donc attention à ce que je lui dis.

Bon, d’accord, on sort à l’occasion, pour aller faire des trucs un peu partout, et boire un verre, peut-être.

Quand vous sortez avec votre chien, il vous fait des trucs, et… il fait définitivement tout le contraire de boire… un peu partout, aussi.

Ensuite, une différence évidente : un chien branle la queue quand il est content de vous voir.

Moi, bien que je sois content de voir mon amie (la plupart du temps), je me garde quand même une petite gêne. Parce que c’est juste mon amie, et je suis juste son ami.

Un chien, ça peut vous sauter dessus pour vous accueillir, et vous lécher le visage pour vous montrer qu’il vous apprécie.

Ma meilleure amie, elle aussi, se garde une petite gêne.

Le savoir en question

Hé! Tu parles d’une drôle d’expression : Je veux rien savoir!

Ça veut dire, sensiblement : C’est hors de question!

D’accord.

Sauf que, attention!

Vous voyez, l’opposé de ne rien savoir, vous êtes d’accord que c’est bien tout savoir. Oui ou non?

Ensuite, quelque chose qui est hors de quelque chose, c’est qu’elle n’est pas sur cette chose. Oui?

Donc, l’opposé de hors de question, c’est sur la question. On se suit toujours?

Alors logiquement, je veux tout savoir, ça voudrait dire : C’est sur la question!

…mais c’est pas ça. Parce que. Parce que c’est pas logique.
Ça s’appelle une langue. Une langue, c’est beau, mais c’est pas logique. Parce que.

Je m’emmerde

Je ne vous dirai pas d’où le sujet est sorti, mais j’étais quelque part dans un coin pas très grand, où il y avait quelques besoins à s’occuper.

(Bon appétit!)

Tu parles d’une drôle d’expression! En 1828, emmerder signifiait couvrir de merde. Ainsi, si vous vous étiez emmerdé sur les toilettes, vous vous seriez plus qu’ennuyé mortellement : vous auriez de sales ennuis!

Eh oui! Comme le dit l’expression, vous seriez littéralement dedans!

C’est quand même intéressant de voir les différentes significations que peut prendre ce verbe.

Emmerder quelqu’un = l’embêter, l’agacer, lui taper sur les nerfs.

D’ailleurs, on dit aussi : faire chier quelqu’un. Ainsi, si quelqu’un vous fais chier, il vous emmerde, c’est sûr. En tous cas, si je comprends bien, ça veut dire que c’est lui qui provoque la chute d’un trop plein sur le siège. C’est bien vous qui laissez tomber le paquet, mais s’il sort un peu en giclant et vous beurre un peu trop généreusement le pain béni, c’est de sa faute. (C’est quand même joli d’y penser.)

Emmerder quelqu’un = s’en moquer, s’en foutre.

Quand quelqu’un vous fait chier, vous pouvez aussi l’envoyer faire ses propres besoins à son tour. Comme ça, l’équilibre revient : Tu m’emmerdes? Je t’emmerde aussi. Comme le dit le célèbre proverbe : œil pour œil, sphincter à sphincter, et celui qui le chie, celui à chier. En tous cas, quelque chose comme ça.

Ouf! Bon assez dit de niaiseries. Je ne m’attendais pas à écrire autant de merde aujourd’hui. Je pourrais parler d’un tas d’autres choses…

Quand elle ment, la méchante vache rit.

Tiens donc.

J’étais curieux de savoir d’où vient l’expression vachement, très populaire chez nos amis Français.

(Parce que c’est vachement intriguant, avouez.)

Je suis donc allé demander à Robert, mais il en savait trop peu à mon goût. Alors j’ai demandé à Dieu (c’est-à-dire Google), et… il m’a assez bien répété ce que Robert avait dit.

Bref. Voici ce que ces deux sages m’ont dit en chœur.

À l’origine, le mot vachement avait un sens péjoratif (de manière vache). On l’employait pour dire méchamment, durement (c’est Robert qui dit ça).

Ce sens a vieilli pour qu’il prennent le sens de très, beaucoup. Voyez comme il a beaucoup vieilli. Il a très vieilli. On peut dire aujourd’hui qu’il a vachement vieilli.

Tu parles d’une évolution radicale, toi. Non mais…

Non mais regarde : méchamment à beaucoup. Allô?

C’est quoi le lien? Ainsi provoqué, je ne chercherai pas plus loin. Je vais trouver une explication par moi-même (quitte à inventer un sens). Et mon explication à tout casser sera :

C’est la faute des Français! Il modifient le sens des mots comme ils veulent. Il n’y a pas de sens à donner à cette évolution du négatif à la quantité ou l’ampleur.

Un instant! L’avocat de la défense de la République souhaite rappeler aux lecteurs que les Québécois utilisent le mot méchant pour dire quelque chose qui veut presque dire la même chose. Notamment dans l’expression utilisée dans le message d’hier : une méchante débarque. Ça veut dire : toute une débarque, une très grosse débarque! Donc une très beaucoup grosse débarque! Vous voyez? Même chose.

Bon. Je m’auto-déclare coupable devant cette démonstration presque crédible.

De toute façon, dire vachement dans un sens positif n’est pas pire que l’expression écoeurant qui a veilli pour dire presque son contraire au Québec. (Voyez que j’ai subtilement utilisé les mots pas pire dans le sens français.)

Au tour des Français de nous poser des questions.