Ah, ces chiens…

On dit que le chien est le meilleur ami de l’homme.

C’est vrai?

Moi, je n’ai pas de chien. Par contre, j’ai un meilleur ami… ou plutôt une meilleure amie.

Et je peux vous assurer que ma meilleure amie n’a rien à voir avec un chien!

En voici toute la démonstration.

D’abord, un chien, vous devez régulièrement sortir avec, pour aller le promener.

Ma meilleure amie et moi, on ne sort pas ensemble. On est juste amis. De plus, je ne l’enverrai jamais promener, parce que c’est une amie, et une personne que je respecte. Je fais donc attention à ce que je lui dis.

Bon, d’accord, on sort à l’occasion, pour aller faire des trucs un peu partout, et boire un verre, peut-être.

Quand vous sortez avec votre chien, il vous fait des trucs, et… il fait définitivement tout le contraire de boire… un peu partout, aussi.

Ensuite, une différence évidente : un chien branle la queue quand il est content de vous voir.

Moi, bien que je sois content de voir mon amie (la plupart du temps), je me garde quand même une petite gêne. Parce que c’est juste mon amie, et je suis juste son ami.

Un chien, ça peut vous sauter dessus pour vous accueillir, et vous lécher le visage pour vous montrer qu’il vous apprécie.

Ma meilleure amie, elle aussi, se garde une petite gêne.

Écrire à tout prix

Écrire a tout pris. Même les mots ont été saisis.

Écrire a la touche pour taper sur le caractère.

C’est vrai qu’il applique tout à la lettre, by the book.

Et dans son livre à lui, je devais remettre à la page ce qui lui appartient.

Voyez le résultat : je suis sans mots!

Note linguistique : J’ai été incapable de déterminer avec certitude si le dernier mot doit s’écrire au singulier ou au pluriel. Il semble y avoir un débat sur son usage. Qui l’aura? Qui ne dit consent.

L’empire empire?

Bon. Va falloir qu’on m’explique, là.

Téléphone, téléphoner et téléphonique sont trois mots dont on reconnaît facilement la parenté. Il y a un nom, un verbe et un adjectif au tour d’un même concept.

Maintenant :

Empire, empirer et empirique sont trois mots qui semblent assez proches merci, mais qui ont des origines et des sens complètement différents.

Voyez par vous-mêmes :

  • Empire : Autorité absolue, et l’ensemble d’états soumis à cette autorité.
  • Empirer : Devenir pire.
  • Empirique : Le contraire de rationnel, méthodique, scientifique.

On a pourtant un nom, un verbe et un adjectif qui commencent tous par empir…!

C’est fou, non? Pourquoi la langue français est aussi capricieuse?

Il est temps de rectifier le tir en proposant de nouvelles définitions.

On peut partir du nom empire et le décliner ainsi :

Empirer : Prendre le pouvoir absolu, en massacrant tous ses adversaires à Risk.
Empirique : Tout ce qui monte à la tête de l’autorité absolue.

Ou encore, à partir d’empirer :

Empire : une chose pas pire, qui devient pire.
Empirique : qui a un potentiel d’empirer.

Et pourquoi pas, à partir d’empirique :

Empire : Charlatan.
Empirer : Perdre en crédibilité.

Ce sont des suggestions. Je ne souhaite aucunement que mon blogue empire, ni plus qu’il fasse autorité absolue. Ma démarche est expérimentale, donc empirique, et ça devrait vous suffire.

Grisant

Ayoye!

Suis-je le seul à s’être fait prendre par ce mot-piège, qu’on entend régulièrement chez les gens qui passent bien à la télé? Sûrement pas!

Eh bien, moi, je me suis fais vraiment avoir. Ça m’a donné un choc quand je l’ai appris.

Pour ceux qui l’ignoraient encore, grisant, ça veut dire « le fun ».

Hein?

Vous avez bien lu! Je répète, et je suis très sérieux : grisant, ça veut dire « le fun ».

Si vous pensez que je vous fais marcher, vous le demanderez à Robert (je le fais marcher encore plus que vous) : adj. 1877; de griser Qui grise en exaltant, en surexcitant. Hein! Hein! Qu’est-ce que je vous le disais? Grisant, c’est griser gaiement. Étonnant, n’est-ce pas?

Là, vous allez me dire : mais griser, ça veut dire quoi? Eh bien, voici ce qu’en dit Robert : griser, ça veut dire rendre gris.

(Rien de plus logique, hein?)

Holà! vous me direz, gris c’est pas un mélange de noir et de blanc? C’est bien ce que je pensais, moi aussi.

Or, ça veut dire autre chose.

Ça veut dire quoi?

Ça veut dire presque ivre.

(Pis plein d’autres affaires. Mais c’est ce sens-là qui nous intéresse.)

Capoté, quand même, non? Pourquoi? Je suppose que ce serait à cause du presque… mais pourquoi ivre? C’est quoi le rapport?

— Dis-moi Robert, le sais-tu, toi?
— …

Robert me dit de demander à Honoré (de Balzac). Il parait qu’il l’a utilisé quelque part, ce mot là. En tous cas. Je n’ai pas la réponse, et je n’ai pas envie de demander à Google, alors…

C’est l’heure d’inventer un sens!

Alors… La question qui demeure sans réponse (pour l’instant), c’est pourquoi GRIS veut dire PRESQUE IVRE?

Ouf.

Euh… Bon. Lançons-nous gaiement dans le défi, hein?

Commençons par… Tiens! Voilà. Si je me rappelle bien, à moins que je me trompe, gris n’est pas officiellement une couleur. Nos profs d’arts plastiques nous l’ont répété souvent, en tous cas, les miens, il me semble…

En fait, à bien y penser, ce qu’ils nous ont dit, c’est plutôt que ni le noir, ni le blanc ne sont des couleurs. Le noir est l’absence de couleurs, et le blanc, la synthèse de toutes les couleurs.

Et le gris? N’est-ce pas un mélange de blanc et de noir?

Autrement dit, de tout et de rien?

Ah ha! Nous tenons peut-être une piste!

En réfléchissant un peu, gris, c’est peut-être une couleur, finalement. En tous cas, Robert dit — contrairement à des profs d’arts plastiques sortis de mon imaginaire — que c’est une couleur intermédiaire entre le blanc et le noir.

Donc, si Robert dit que c’est une couleur, c’est que c’est une couleur.

Une couleur entre tout et rien.

Ah ha!

J’ai trouvé.

Alors voici : quand on est ivre, c’est qu’on a perdu contact avec la réalité, n’est-ce pas? Eh bien, paf, presque ivre, c’est quand on est entre les deux : pas tout à fait perdu (ivre), mais un peu dans la réalité. Entre les deux. Ni noir, ni blanc.

Vous voyez? C’est réglé! Un autre mystère élucidé.

Maintenant, ne me demandez pas que représentent le noir et le blanc, à savoir quel concept représente la réalité, et lequel représente l’ivresse. On sait qu’il y a de la bière noire et du vin blanc, alors je me doute que ce n’est pas très convaincant d’utiliser ces exemples.

De toute façon, le lendemain, il parait qu’il faut dégriser. Ah! Tiens. On la connaissait mieux cette expression-là, n’est-ce pas?

Eh! mais… Robert! Si gris veut dire presque ivre, pourquoi dégriser ne signifie pas sortir d’un état presque ivre?

À point

Voici une nouvelle leçon de français au sens tout-à-fait démontrable (ou démontable, c’est selon).

Vous savez, quand on veut dire que quelque chose est prêt, on dit qu’il est à point, n’est-ce pas?

Or, le saviez-vous, avant d’atteindre ce statut de perfection, ladite chose peut franchir plusieurs étapes, avant de se terminer (tiens, un lien avec le message d’hier!).

Par exemple, quand une phrase est finie, elle se termine effectivement par un point, oui? (C’est vrai, n’est-ce pas?)

On peut dire que ce n’est que lorsqu’elle se termine par un point que la phrase est effectivement complète; elle est, en quelque sorte, parfaite. D’accord?

Bien sûr que vous êtes d’accord. C’est mon blogue.

Or, dans la phrase, il y a des morceaux de phrases, des propositions qui sont séparés par d’autres marques de ponctuations, telle que la virgule, le point-vigule et le deux-points.

(En passant, on dit aussi les deux points, selon l’OQLF.)

Ces marques de ponctuation servent à faire des pauses ou lier deux idées. En voici trois qui font partie de la même famille :

  • La virgule, la ponctuation la plus timide, fait une très petite pause, le temps de reprendre son souffle entre deux morceaux de phrases.
  • Le point-virgule est le grand-frère de la virgule. Il joue même rôle, mais entre deux bouts de phrases qui ont un lien logique.
    On l’utilise d’ailleurs notamment à la fin d’un élément dans une liste à points (comme celle-ci). Par exemple, voici une liste de trois éléments qui auraient quelque chose en commun :
    • un élément qui fait partie de la liste;
    • un deuxième élément qui se situe entre le premier et celui du dessous;
    • le petit dernier, qui est en fait plus grand que les précédents; mais on s’en fout. C’est un exemple.
  • Le deux-points, l’ainé, joue un rôle encore plus important : celui de citer, d’expliquer, de faire des énumérations. C’est le P’tit Joe Connaissant de tous. C’est celui qui a quitté la maison (laissant derrière la petite virgule et son frère le point-virgule, qui sont encore trop jeunes) pour aller à l’université. Celui qui a déjà plusieurs années d’expérience dans les textes de tout genre. Il a même eu un rôle comme signe diviseur en mathématiques, un autre pour séparer les heures et les minutes, et d’autres apparitions plus rares. Il est très polyvalent. Il est fort, mais il y a plus au-dessus de lui.
Au dessus de tous figure le point, soit le paternel (parce qu’un point, c’est masculin; ce n’est pas moi qui ai choisi le sexe des signes ponctués (ok?), dit-je en guise de superbe excuse pour rester politiquement incorrect). C’est effectivement le signe de la perfection, celui qui a l’ultime pouvoir de mettre un terme à tout (J’invente, bien sûr; c’est loin de la réalité! Hélas…).

On le voit donc très bien : avant d’atteindre la perfection du point, une phrase atteint plusieurs stades!

En effet, avant d’être à point, une phrase peut-être :
  • à virgule;
  • à point-virgule;
  • à deux-points.
Voilà une autre vérité démontrée hors de tout doute. J’ai raison, un point c’est tout.
En fait, un point sait tout, parce que Papa a raison. 😉

Trente (30)

Aujourd’hui, j’ai envie de parler du sens qu’on accorde à un nombre.

J’ai pensé au nombre 30, en me rendant compte qu’il est souvent associé à l’atteinte d’un seuil ou la fin d’un cycle, ou simplement la fin tout court.

Observez bien :

  • En journalisme et en relations publiques, l’expression – 30 – est utilisée pour indiquer que le texte d’un communiqué se termine
  • En statistiques, le nombre nécessaire (minimum) pour obtenir un échantillon représentatif est 30. Un fois ce seuil atteint, la collecte de données peut s’arrêter tout en restant crédible.
  • Plusieurs mois de l’année se terminent au bout de 30 jours.
Nous pourrions aller plus loin la logique de cette symbolique de fin, en disant que :
  • C’est à partir de 30 ans qu’on peut songer à dire Je n’ai plus 20 ans. Est-ce la fin d’une belle époque?
  • Jésus-Christ serait possiblement mort à 30 ans. Rien de plus final que la mort! D’ailleurs, si je me fie à ce qui est écrit sur Wikipédia (je pourrais vérifier, mais je suis paresseux), c’est pour 30 pièces d’argent que Judas l’aurait amené à ses bourreaux. Voilà deux preuves que le nombre 30 mène à la fin des choses!
  • D’ailleurs, la Guerre de Trente Ans s’est terminée au bout de 30 ans!
Vraiment, quand je pense à trente, je pense à complet, fini.

Allez, prenez 30 secondes pour y réfléchir…