Un mot bienvenu

Hier, j’ai un petit peu pesté contre l’utilisation de l’expression Bon matin, qui semble être apparue dans le décor out of nowhere, comme on dit en si bon français. Cette expression calquée sur l’anglais semble se répandre comme la peste; merci à Radio-Canada et autres fouteurs de trouble…

Pourtant, d’autres expressions calquées sur l’anglais me dérangent beaucoup moins, voire me réjouissent, comme le fameux Bienvenue québécois, que l’on répond après que quelqu’un ait dit Merci.

Non seulement je trouve ça cute et sympathique, je le préfère de loin à la banale expression : De rien.

Pourquoi? Simplement parce que dans De rien, il y a le mot rien, tout simplement. Rien, c’est négatif. On devrait plutôt dire Tout le plaisir est pour moi, ou encore mieux Ça me fait plaisir! N’est-ce pas plus joli à entendre?

C’est pour ça que, lorsque j’entends dire Bienvenue, ça me fait plaisir aussi. Ça veut dire quelque chose exactement comme : Reviens-moi là-dessus quand tu veux, je serai là volontiers pour toi. Il y a quelque chose de vraiment bien senti dans le Bienvenue, quelque chose de sincère.

Quand on dit De rien, ou encore pire Pas de trouble (ouch!), on sent l’obligation d’être poli, sans plus. On sent même la gêne de poser un geste civique ou amical. Comme si on se sentait mal à l’aise d’aider son prochain ou simplement de lui faire plaisir.

C’est comme si l’on disait : C’est correct, mais je me demande vraiment si c’était une bonne idée ou encore : Ça me dérange pas de t’avoir aidé, mais ça ne vient pas vraiment de mon fond…

C’était le fond que je recherchais. Le voilà.

Le savoir en question

Hé! Tu parles d’une drôle d’expression : Je veux rien savoir!

Ça veut dire, sensiblement : C’est hors de question!

D’accord.

Sauf que, attention!

Vous voyez, l’opposé de ne rien savoir, vous êtes d’accord que c’est bien tout savoir. Oui ou non?

Ensuite, quelque chose qui est hors de quelque chose, c’est qu’elle n’est pas sur cette chose. Oui?

Donc, l’opposé de hors de question, c’est sur la question. On se suit toujours?

Alors logiquement, je veux tout savoir, ça voudrait dire : C’est sur la question!

…mais c’est pas ça. Parce que. Parce que c’est pas logique.
Ça s’appelle une langue. Une langue, c’est beau, mais c’est pas logique. Parce que.

Se casser le bécyk.

Les Français disent : Casse-toi! pour dire : Dégage! (l’équivalent québécois étant : Déc..isse!)

Chez nous on se casse… le bicycle! Drôle d’expression, n’est-ce pas? Ça n’a pourtant rien à voir avec faire de l’air. Et même si on le voulait très fort, il n’y a aucun lien avec le fait de briser un vélo. Non. Quoique…

Le bicycle représente la tête, évidement. Ainsi : Ne te casse pas la tête! = Ne te casse pas le bécyk. Ça fait sûrement référence à la roue de la bicyclette qui tourne très vite pour représenter les idées qui défilent rapidement dans la tête pour trouver une solution à un problème très embêtant. Je suppose.

Et bien, à force de trop tourner, la roue décollerait et le vélo se casserait car il prendrait une méchante débarque… et nous avec! Voilà! Le sens est apparu. (Genre.)

C’est drôle aussi que, pour représenter la même idée de la tête qui laisse aller un tourbillon de pensées en vrac, on utilise aussi l’image de la roue avec un petit hamster dedans. Aviez-vous vu le lien? Voilà. C’était ma petite pensée du vendredi.

Bon. Je fais du coq à l’âne, pour vous faire une petite plogue gratuite est complètement désintéressée (mais le sujet est intéressant, lui). C’est que, juste pour le plaisir, j’ai cherché sur Internet cette expression se casser le bicycle, et je suis tombé (je dirais en amour, presque) sur un site très sympathique, qui décortique justement à peu près toutes les expressions québécoises qu’on peut entendre ici et là.

Le site, qui est en fait un blogue, comme celui-ci, est écrit en anglais, et s’adresse en particulier à ceux qui apprennent le français avec un accent québécois, ou autrement dit, qui veulent apprendre à comprendre la parlure québécoise. On présente les expressions à partir d’un contexte précis, par exemple, une publicité ou une émission de télévision où un mot ou une expression a été utilisée.

Fait cocasse, l’auteur se fait appeler Felix par des visiteurs (drôle, hein?). En fait, j’ai beau chercher, mais nulle-part je n’ai vu l’auteur se nommer. En tous cas, cette personne a écrit au-dessus de 1000 messages (entre 2010 et 2016… et y aura t-il une suite?), et j’ai lu des commentaires fort intéressants. À découvrir!

Voici l’adresse : https://offqc.com/

Chabot

C’est le nom d’une rue à Montréal, et un nom de famille bien connu.

Mais comment prononce t-on ce nom?

Dans les autobus de la STM, la voix qui annonce les arrêts prononce le nom de la rue sans le T, alors dans le nom d’une entreprise québécoise bien connue qui commence par Raymond, on prononce le T.

Les deux prononciations seraient donc acceptées?

Puisque je n’ai pas la réponse, et que je n’ai pas envie de chercher du sens là-dedans, je vais tenter de faire une blague subtile pour détourner votre attention.

Dit-on :

  • Chat Botte ou
  • Chat Beau?
Je l’ignore, mais un chat laid, ça s’écrit aussi avec un T à la fin, et ce T-là, on ne le prononce pas non plus.
(Il est tard, un vendredi soir…)

Il faut qu’on splite…

Quand on fait le grand écart, en bon québécois, on dit qu’on fait la split. De toute évidence, split, c’est féminin, n’est-ce pas?

Pas sûr.

Quand on mange une banane royale (c’est son nom francisé!), on dit qu’on mange un banana split. Alors, split, c’est masculin. Non?

Deux usages de genre, chacun de son côté. Personne ne s’entend sur la règle.

Ce doit être ça, les deux solitudes.

Halloween, c’est féminin. (ouch!)

Excusez-moi d’être hors saison. La fête d’Halloween est bien loin derrière, et la St-Valentin m’en veut furieusement de lui faire ombrage, mais… je viens de le découvrir, et quand j’ai su ça, j’ai été choqué.

Sans doute comme vous, j’ai toujours cru que Halloween, c’était masculin. Quand je voyais des annonces publicitaires sur lesquelles on pouvait lire Joyeuse Halloween, je criais au scandale : faute! En tous cas, j’imaginais que c’était une erreur de débutant : Joyeux Halloween se prononce de la même façon, alors je me disais que les gens écrivaient au son sans se douter que c’était mal écrit.

Mais non.

Halloween, c’est bel et bien féminin. Robert Larousse me l’a appris tout à l’heure. (Demandez-lui. Vous verrez.)

Tout un choc, hein?

Intuitivement, on dirait : As-tu passé un bel Halloween? Non? Suis-le seul à trouver ça étrange de le lire autrement? Je crois que j’aurai(s) bien du mal à m’habituer à dire une Halloween. C’est juste laid.

Bon, ce doit être encore la faute des Français (les mots dits, ce sont eux).

Les Français ne fêtent même pas l’Halloween, et ce sont eux qui ont décidé, non seulement de le genrer féminin (je viens de découvrir spontanément le verbe genrer, que Robert ne connaît même pas), mais ils ont aussi décidé de ne pas lui attribuer d’article (on fêterait donc Halloween et non l’Halloween, un peu comme on fête Noël et non la Noël, finalement… sauf que Noël, c’est pourtant masculin! Ironique, quand même.).

Voyons! C’est ridicule! C’est ici en Amérique du Nord que l’on fête Halloween… euh… je veux dire l’Halloween! C’est quoi cette histoire? Ce sont ceux qui participent activement à la fête qui devraient décider du comment que l’on appelle cela, non?

Alors, je prends position : Halloween, c’est masculin, point. Je vais liquid-paperiser Robert et Larousse afin qu’ils le retiennent pour toujours.

Bien sûr, au contraire, la St-Valentin, c’est féminin. Même si Valentin, c’est un nom de gars… comme Patrick dans la St-Patrick, Jean-Baptiste dans la St-Jean-Baptiste, etc. Est-ce à cause de la fête de…? Non! On dit la fête de Noël, mais c’est quand même masculin!

Alors pas de chicane. Tranchons pour ceux qui fêtent, et les esprits seront bien gardés.

Excusez-la.

Une soupe au lait, s’il vous plait !

Avez-vous remarqué que, si on enlève le « au » dans soupe au lait, on entend presque le s’il vous plait, prononcé rapidement à la québécoise?

Voici comment je pourrais présenter la chose, pour ce que soit plus clair :

1. Prenez de la soupe au lait.
2. Retirez l’e au.
3. Vous obtenez s’ou’plait.