Un président, ça trompe, se trompe…

En conférence de presse :

  • Monsieur le Président, la pollution atmosphérique a grandement augmenté depuis que vous avez relancé l’industrie du charbon. Qu’allez-vous faire pour la diminuer?
  • Vous voulez rire! Le niveau de pollution aux Etats-Unis n’est rien comparé à celui du Mexique. Vous savez, les Mexicains nous envoient plus d’air sale en un an que nous en produisons dans un seul État en un mois!
  • D’accord, nous allons vérifier cela, mais si vous augmentez la production de charbon, et que vous additionnez la pollution mexicaine, il y a inévitablement plus de pollution dans l’air, n’est-ce pas? Qu’allez-vous faire?
  • Nous le savons. C’est pourquoi nous avons décidé de surélever le mur qui sépare nos frontières à la hauteur du plus grand édifice de toute la surface des Etats-Unis. De cette façon, aucun Américain ne pourra respirer de l’air sale mexicain. Évidemment, ce sont les Mexicains qui paieront la facture. C’est leur air qui est sale!
  • N’empêche que l’industrie du charbon génère beaucoup de pollution…
  • Peut-être, mais aussi beaucoup d’emplois. C’est pourquoi cette relance était nécessaire pour redonner au pays sa grandeur.
  • Sauf que la pollution génère aussi des problèmes de santé. Qu’allez-vous faire pour aider les personnes vulnérables à l’air pollué?
  • Nous croyons que c’est à tous et chacun d’assainir leur propre air. Nous allons inciter les familles à se doter d’un purificateur d’air pour qu’ils puissent respirer de l’air propre à la maison.
  • Et qu’en est-il l’air qui est à l’extérieur?
  • Des purificateurs d’air portatifs seront bientôt disponibles sur le marché, vous savez.
  • Ne serait-il pas plus simple de fermer les usines de charbon?
  • Non, je vous le répète, l’industrie du charbon créé de bons emplois. Les familles auront alors de l’argent pour acheter des purificateurs d’air, peut-être même deux ou trois!
  • D’accord, mais les purificateurs d’air fonctionnent à l’électricité, et pour générer de l’électricité, ça prend des ressources, et vous, vous voulez produire de l’électricité avec du charbon. N’est-ce pas contradictoire?
  • Contradictoire? C’est quoi ce mot là?
À suivre…?

1984

Par rapport à l’évènement de dimanche dernier, voici peut-être la version de l’histoire qui sera retenue par le Ministère de la Vérité :

29 janvier de l’an 1. Dans la ville de Québec, un groupe de musulmans ont réagi violemment alors qu’un jeune homme est entré dans la mosquée où ils se trouvaient. Un homme armé a fait feu. Il a été arrêté. Six autres sont portés disparus depuis cette tragédie.

(…)


Mon message d’aujourd’hui n’est pas drôle du tout. C’est un plutôt un cri du cœur.

Parce que, oui, j’ai peur que la situation actuelle nous mène au monde de Winston Smith et de Big Brother.

Il n’y a rien de drôle. Tout sauf drôle. Car on s’éloigne de plus en plus de la science fiction. Je pense qu’il faut le voir les récents évènements, incluant les déclarations qui ont suivi, comme une claque au visage. On est dans la merde, là.

Bon. Quoi faire, maintenant? Que puis-je faire, moi, premièrement? Est-ce que je peux écrire sur le sujet, sans être moralisateur, sans tomber dans le cliché ou dans les solutions faciles?

Je vais donner mon opinion, tiens. On point où on en est ; une de plus ou de moins… J’ouvre la bouche de mon clavier, et je vais essayer de lui faire dire quelque chose d’intelligent.

Alors voici. À mon avis, l’erreur serait de pointer du doigt un individu, ou même un groupe d’individu en particulier, car en le faisant, nous rejetons notre propre responsabilité. Parce que ce sont nous tous, les responsables. Il y a quelque chose qui cloche dans notre société pour que certains individus se dressent contre d’autres de manière aussi gratuite et si froide. On parle d’êtres humains, là… des deux côtés. C’est grave, là. Or, je crains (comme d’autres, sans doute) que ce genre d’évènement soit le début d’une escalade de haine sans précédent, nourrie par les médias sensationnalistes et le tourbillon des médias sociaux.

Prenons par exemple les commentaires que j’ai lu hier sur YouTube, du genre que les musulmans doivent être tués, point; que Justin Trudeau ne parle pas en leur nom lorsqu’il dit que les musulmans sont bienvenus chez nous; ou que l’attentat était justifié à cause du 11 septembre. Je parle de plusieurs personnes, ici, sur un petit échantillon!

Pourtant, on sait que lorsque des attentats sont commis par des musulmans, généralement, eux-aussi sont aussi parmi les victimes. Or, quand quelqu’un se suicide après avoir tué d’autres personnes, ira t-on se venger en tuant les membres de sa famille déjà endeuillée? Il y a quelque chose qui cloche que l’on applaudisse la mort de personnes qui n’ont rien fait.

Mais ça va plus loin avec les gens qui portent en eux cette haine, qu’ils passent à l’acte ou non.

Ce genre de personnes votent. Elles se trouvent sans doute (marginalement, on l’espère) parmi la moitié des Américains qui ont voté républicain à la dernière élection.

Ces personnes ont un cerveau. Elles ont des émotions. Elles se sentent mal. Elle votent.

Maintenant que c’est gagné, on leur donnera des bonbons pour avoir bien voté. Ils crieront victoire! Il remercieront leur leader de leur avoir redonné une fierté. La haine montera contre ceux qui crient des bêtises à leur leader chéri, et contre tous les groupes qui veulent les empêcher d’arrêter de jouir de leur vie. Ils justifieront leurs crimes les uns après les autres. Ils réécriront la constitution, supprimeront les élections, car ils auront enfin une voix, de l’amour, de la force. Ils crieront victoire. Ils crieront : vive BB!… et souhaiteront la mort ceux qui le critiquent.

On est déjà dans la merde, plus que jamais. C’est déjà en train de se passer. Alors, on fait quoi?

Vous serez d’accord avec moi que lorsque nous regardons ou lisons les nouvelles avec nos opinions toutes faites, sans aller jusqu’à bien comprendre les faits, nous contribuons à perpétuer ce cycle de la haine. Seriez-vous aussi d’accord que nous sommes aussi coupables de nos silences et nos peurs de débats intelligents et respectueux? Lorsque nous refusons de parler et d’écouter le point de vue de ceux avec lesquels nous avons un désaccord, ne contribuons-nous pas à laisser s’installer, malgré nos résistances, ce monde différent?

J’ai vraiment peur de ce qui s’en vient. Rien ne sera comme avant. Il faut absolument trouver les mots pour se parler. C’est notre seule chance de nous sortir de cette merde dans laquelle nous serons tous.

Hier soir…

Hier soir, j’ai regardé X-Men: Days of the Future Past sur Global. (Oui, oui, à la télé!) J’ai trouvé ça bien. Les personnages retournaient dans le passé pour prévenir une catastrophe.

Le moment le plus fort est celui où un personnage féminin réussit à empêcher un fou de déclarer la guerre à l’humanité, après que celui-ci ait pris la Maison Blanche en otage, la cernant avec un espèce de mur improvisé. Sa sécurité était aussi renforcée par des armes qui flottaient en liberté.

C’était un très bon film, qui véhiculait de belles valeurs, comme la confiance et l’espoir.

C’était de la science-fiction.