Encore un…

Déjà 19h35. Le temps file… Vite! Publions au moins quelque chose avant que tout le monde dorme!

Il y a de ces soirs où on a juste envie de laisser défiler les mots au bout de la ligne, comme ce soir.

Avouons que c’est une drôle d’idée, quand même, de se donner comme défi d’écrire chaque jour, même quand la tête est juste incapable de produire de l’originalité. Juste des phrases ordinaires, comme celles-ci.

Il m’est arrivé, et je pense que j’en ai déjà parlé, que j’aie trouvé de l’inspiration en écrivant, exactement comme l’appétit peut venir en mangeant, et comme devenir forgeron arrive en forgeant. J’espérais vivement que ce genre de parallèle survienne : voilà, je suis exaucé d’un même paragraphe.

Mieux, je vais faire comme d’une pierre deux coups : je vais faire d’une phrase deux sens. Où? Comment? Pourquoi? Je l’ignore encore.

En fait, j’avais écrit un message au sujet de cette expression. Je l’avais trafiquée pour lui donner un autre sens. Je vais donc, soit le faire de nouveau, soit le faire antérieurement. Après le futur antérieur, je dévoile le passé postérieur. Drôle de nom, quand même.

Petite leçon de français que je viens tous juste de suivre : postérieur quand on parle du temps, c’est après quelque chose (ce qui suit); quand on parle de l’espace, c’est derrière… (o_O)

Bref, ce qui vient après, c’est ce qui s’est déjà derrière. Peut-être faut-il le prendre avec un brin de philosophie…

Déjà 20h09. Ah mince! Mes 34 minutes sont écoulées.

Pourquoi trente-quatre? Parce que j’ai décidé d’arrêter maintenant. Voilà.

Le savoir en question

Hé! Tu parles d’une drôle d’expression : Je veux rien savoir!

Ça veut dire, sensiblement : C’est hors de question!

D’accord.

Sauf que, attention!

Vous voyez, l’opposé de ne rien savoir, vous êtes d’accord que c’est bien tout savoir. Oui ou non?

Ensuite, quelque chose qui est hors de quelque chose, c’est qu’elle n’est pas sur cette chose. Oui?

Donc, l’opposé de hors de question, c’est sur la question. On se suit toujours?

Alors logiquement, je veux tout savoir, ça voudrait dire : C’est sur la question!

…mais c’est pas ça. Parce que. Parce que c’est pas logique.
Ça s’appelle une langue. Une langue, c’est beau, mais c’est pas logique. Parce que.

Quand elle ment, la méchante vache rit.

Tiens donc.

J’étais curieux de savoir d’où vient l’expression vachement, très populaire chez nos amis Français.

(Parce que c’est vachement intriguant, avouez.)

Je suis donc allé demander à Robert, mais il en savait trop peu à mon goût. Alors j’ai demandé à Dieu (c’est-à-dire Google), et… il m’a assez bien répété ce que Robert avait dit.

Bref. Voici ce que ces deux sages m’ont dit en chœur.

À l’origine, le mot vachement avait un sens péjoratif (de manière vache). On l’employait pour dire méchamment, durement (c’est Robert qui dit ça).

Ce sens a vieilli pour qu’il prennent le sens de très, beaucoup. Voyez comme il a beaucoup vieilli. Il a très vieilli. On peut dire aujourd’hui qu’il a vachement vieilli.

Tu parles d’une évolution radicale, toi. Non mais…

Non mais regarde : méchamment à beaucoup. Allô?

C’est quoi le lien? Ainsi provoqué, je ne chercherai pas plus loin. Je vais trouver une explication par moi-même (quitte à inventer un sens). Et mon explication à tout casser sera :

C’est la faute des Français! Il modifient le sens des mots comme ils veulent. Il n’y a pas de sens à donner à cette évolution du négatif à la quantité ou l’ampleur.

Un instant! L’avocat de la défense de la République souhaite rappeler aux lecteurs que les Québécois utilisent le mot méchant pour dire quelque chose qui veut presque dire la même chose. Notamment dans l’expression utilisée dans le message d’hier : une méchante débarque. Ça veut dire : toute une débarque, une très grosse débarque! Donc une très beaucoup grosse débarque! Vous voyez? Même chose.

Bon. Je m’auto-déclare coupable devant cette démonstration presque crédible.

De toute façon, dire vachement dans un sens positif n’est pas pire que l’expression écoeurant qui a veilli pour dire presque son contraire au Québec. (Voyez que j’ai subtilement utilisé les mots pas pire dans le sens français.)

Au tour des Français de nous poser des questions.

Ceci est le 94e message.

J’avais pas beaucoup d’inspiration, alors il fallait bien trouver un prétexte pour écrire. Au moins, là vous savez que j’ai du millage.

En passant… ben oui! On dit (et écrit) bel et bien millage! Robert l’approuve, tout comme l’approuvera aussi votre correcteur automatique. Essayez pour voir.

Je vous le confirme : c’est bien le millage qui vient du mot mille, comme l’unité de mesure utilisée en Amérique du Nord; celui qui est calqué sur kilométrage. C’est tout à fait français. En tous cas, au Canada français, n’est-ce pas Robert?

Ce qui est drôle, c’est qu’écrit de cette façon, on aurait peut-être tendance à prononcer les deux L comme dans pillage

En tous cas, j’ai finalement trouvé un sujet par la bande. (Yé!) C’est toujours comme ça. Ok : presque toujours.

Je me parle

C’est quand même drôle qu’on dise Je me parle tout seul pour expliquer que l’on verbalise à haute voix quelque chose qui ne concerne que soi-même.

En réalité, on se parle très souvent à soi-même… dans notre tête! C’est notre fameuse petite voix. Pourtant, l’expression Je me parle s’applique uniquement quand c’est quelqu’un d’autre qui peut l’entendre. Étrange, non?

Or, c’est rarement pour se parler à soi-même que l’on dit tout haut ce qui nous passe par la tête. Normalement, on n’engage pas de réel dialogue avec soi. Pas vrai?

Imaginons ce type de dialogue que l’on aurait avec soi-même :

– Où ai-je mis mon portefeuille?
– Voyons… c’était quand la dernière fois que je l’ai utilisé?
– Hum… Bof. Je ne m’en souviens plus.
– Bon, il y a surement un endroit où je l’ai mis…
– Peut-être qu’il est dans l’entrée?
– Non, il n’est pas là.
– Dans l’armoire?
– Non plus.
– Zut! J’aurais bien cru qu’il était à l’un de ces deux endroits!
– Bon, réfléchissons…
– Est-ce que je l’ai oublié au restaurant?
– Non. Je me rappelle. C’est sûr que je l’avais avec moi.
– Voyons, voyons…
– Ah, c’est bête! Mais où il est!?
– J’aurais donc dû le mettre sur ma table de chevet, comme je m’étais dit l’autre jour!
– Mais à quoi j’ai pensé?
– C’est vraiment idiot ce genre d’incident.
C’est vrai, n’est-ce pas? (Bon, d’accord, c’est plutôt un monologue qu’un dialogue, mais on s’entend quand même.) Tout cela peut très bien se passer dans notre tête, mais qui va réellement tout dire tout haut, chaque phrase de ce dialogue? Pas besoin. Il y a notre petite voix qui joue ce rôle-là.

Je suis pourtant convaincu que le simple fait de jouer le rôle de sa petite voix, une fois de temps en temps, en lui prêtant notre bouche pour que nos propres oreilles l’entendent, aide sans doute plusieurs personnes à se concentrer sur ce qu’elles doivent faire. En effet, cette action permet au cerveau d’être plus attentif à l’information importante, notamment lorsque notre esprit est occupé par mille autres choses, incluant les différentes sortes de bruits et autres distractions dans l’environnement. Voilà, c’est tout!

Il y a donc une différence entre se parler à soi-même et dire tout haut certaines choses qui nous aident à organiser nos idées.

Faudrait-il alors changer l’expression? Plutôt que dire Je me parle, il serait peut-être plus juste de dire Je réfléchis à haute voix ou J’essaie de me concentrer. Voilà qui est plus clair, non?

Qu’en pensez-vous?

Parlez plus fort, je n’ai rien entendu.

Il faut qu’on splite…

Quand on fait le grand écart, en bon québécois, on dit qu’on fait la split. De toute évidence, split, c’est féminin, n’est-ce pas?

Pas sûr.

Quand on mange une banane royale (c’est son nom francisé!), on dit qu’on mange un banana split. Alors, split, c’est masculin. Non?

Deux usages de genre, chacun de son côté. Personne ne s’entend sur la règle.

Ce doit être ça, les deux solitudes.

Halloween, c’est féminin. (ouch!)

Excusez-moi d’être hors saison. La fête d’Halloween est bien loin derrière, et la St-Valentin m’en veut furieusement de lui faire ombrage, mais… je viens de le découvrir, et quand j’ai su ça, j’ai été choqué.

Sans doute comme vous, j’ai toujours cru que Halloween, c’était masculin. Quand je voyais des annonces publicitaires sur lesquelles on pouvait lire Joyeuse Halloween, je criais au scandale : faute! En tous cas, j’imaginais que c’était une erreur de débutant : Joyeux Halloween se prononce de la même façon, alors je me disais que les gens écrivaient au son sans se douter que c’était mal écrit.

Mais non.

Halloween, c’est bel et bien féminin. Robert Larousse me l’a appris tout à l’heure. (Demandez-lui. Vous verrez.)

Tout un choc, hein?

Intuitivement, on dirait : As-tu passé un bel Halloween? Non? Suis-le seul à trouver ça étrange de le lire autrement? Je crois que j’aurai(s) bien du mal à m’habituer à dire une Halloween. C’est juste laid.

Bon, ce doit être encore la faute des Français (les mots dits, ce sont eux).

Les Français ne fêtent même pas l’Halloween, et ce sont eux qui ont décidé, non seulement de le genrer féminin (je viens de découvrir spontanément le verbe genrer, que Robert ne connaît même pas), mais ils ont aussi décidé de ne pas lui attribuer d’article (on fêterait donc Halloween et non l’Halloween, un peu comme on fête Noël et non la Noël, finalement… sauf que Noël, c’est pourtant masculin! Ironique, quand même.).

Voyons! C’est ridicule! C’est ici en Amérique du Nord que l’on fête Halloween… euh… je veux dire l’Halloween! C’est quoi cette histoire? Ce sont ceux qui participent activement à la fête qui devraient décider du comment que l’on appelle cela, non?

Alors, je prends position : Halloween, c’est masculin, point. Je vais liquid-paperiser Robert et Larousse afin qu’ils le retiennent pour toujours.

Bien sûr, au contraire, la St-Valentin, c’est féminin. Même si Valentin, c’est un nom de gars… comme Patrick dans la St-Patrick, Jean-Baptiste dans la St-Jean-Baptiste, etc. Est-ce à cause de la fête de…? Non! On dit la fête de Noël, mais c’est quand même masculin!

Alors pas de chicane. Tranchons pour ceux qui fêtent, et les esprits seront bien gardés.

Excusez-la.