Seul

Je suis inquiet. Je suis perdu, et en même temps, à l’occasion, comme plusieurs, je me sens pas mal découragé.

Des idées fusent dans ma tête. Il faut qu’elles sortent. Parce que, j’aimerais donc ça, être capable de faire quelque chose. J’aimerais donc faire quelque chose de plus, quelque chose de mieux, d’énorme. De significatif!

C’est pas mêlant (ou peut-être un peu), au moment d’écrire ceci, je suis déchiré. Je suis déchiré entre mon désir naturel de réussir quelque chose de grand, quelque chose qui me dépasse, quelque chose de beau, et en même temps, il y a cette simple et bonne obligation morale que j’ai : celle d’accomplir – en toute conscience et en toute connaissance de cause – mon bon devoir de citoyen.

J’ai l’impression que tombe sur moi une responsabilité que je n’ai pas méritée. Je fais des efforts, je fais attention, mais même en le faisant, je me sens tellement, si seul au monde! Vous savez, ce sentiment de vous sentir à part, tel un extra-terrestre qui constate que ça ne va pas, mais vraiment pas, ici et maintenant? L’avez-vous, vous aussi, ce sentiment parfois?

Ce qui me frustre, c’est que bien des gens ne se poseront même pas la question. Ils se contenteront de se laisser vivre, de faire carburer leurs émotions au moment présent, de se laisser influencer par la publicité, de se foutre du reste du monde, de chialer un peu, un peu beaucoup, un peu beaucoup sur tout – sur tout et surtout ce qui nuit à leur petit confort d’être humain limité et blasé – et surtout, surtout, de ne pas penser à l’avenir – ah, ça, non! – et éventuellement, doucement, dans l’indifférence crasse, de se laisser mourir.

J’aimerais donc ça, comme plusieurs sans doute, j’aimerais donc ça disposer de toutes les conditions gagnantes pour réaliser mes rêves, mais je sais que la réalité ne le permet pas toujours. Qui ne le souhaite pas? Moi, par exemple, j’aime écrire, c’est vrai. Depuis longtemps. Toutefois, ce n’est manifestement pas, mon expérience le prouve, la seule activité que j’aime, et je me demande vraiment si je pourrais gagner ma vie à faire ça. Est-ce que je le souhaite, vraiment? Ce n’est pas juste une question de talent, dit-on, mais aussi des efforts que je suis prêt à investir. Des sacrifices, aussi. Peut-être. Parce que, on le sait bien, ce sont les efforts qui paient, pas vrai? C’est ce qu’on nous apprend dans notre belle société méritocratique. Mais le pourrais-je vraiment?

Ce qui m’arrive, ces jours-ci, c’est que je m’intéresse surtout au sort du monde. Notre civilisation est en péril, et la majorité du monde semble s’en foutre. C’est chiant, parce que pendant que moi, je m’inquiète du sort du monde, j’ai moins de temps pour réaliser ce que je voudrais réaliser. Mais c’est plus fort que moi. Je me dis : à quoi bon devenir quelqu’un d’important si notre civilisation meurt demain? Qu’est-ce qui devrait nous importer, collectivement? Ne devrions-nous pas avoir encore la possibilité de réaliser nos rêves?

J’aime le monde. Je le trouve beau. Par dessus tout, je ne fais pas du tout partie de ces pessimistes, de ceux qui souhaitent, que dis-je, qui ont presque hâte que l’être humain disparaisse de la surface de cette planète surexploitée, ô combien polluée, remplie d’injustices et d’horreurs, bien souvent juste à cause de nous. Non. Je les aime bien, moi, mes semblables, même si je reconnais que certains agissent bêtement à l’occasion. Et puis je me dis que je ne suis pas mieux, et pas pire que d’autres. J’ai mes défauts. J’ai aussi mes qualités, comme d’autres en ont. Ils en ont plein d’autres.

Je fais des efforts, donc. Je persiste et signe, et j’essaie de voir du sens dans ce que je fais. J’essaie de me dire très fort que mes efforts sont importants, voire essentiels. Bref, que mes efforts comptent. Puis, quand je regarde le monde autour de moi qui se laisse aller, qui se laisse vivre, qui se laisse mourir, je me dis que le monde autour de moi n’est pas comme moi, et qu’il devrait aussi faire plus attention. Qu’ils devraient faire attention à qu’ils achètent, à ce qu’ils jettent, parce qu’ils consomment sans réfléchir. Puis, je me sens coupable de ne pas leur dire, en me disant que c’est bien à eux d’y penser! J’aimerais avoir l’audace de leur dire qu’ils devraient faire attention, mais comme je suis un être humain, comme j’ai besoin d’être aimé, je me tais, car je n’aime pas déranger.

Je suppose que je ne suis pas seul, mais je me sens seul. Vraiment tout seul, et abattu. On est devant un défi énorme, et comment on peut se sentir impuissant devant tout ça! Certains nient leurs responsabilités en rouspettant : « ben, là, on peut-tu vivre? »

Bien sûr, mon vieux, tu pourras vivre, mais combien de temps vont vivre, ceux qui vont suivre?

Se casser le bécyk.

Les Français disent : Casse-toi! pour dire : Dégage! (l’équivalent québécois étant : Déc..isse!)

Chez nous on se casse… le bicycle! Drôle d’expression, n’est-ce pas? Ça n’a pourtant rien à voir avec faire de l’air. Et même si on le voulait très fort, il n’y a aucun lien avec le fait de briser un vélo. Non. Quoique…

Le bicycle représente la tête, évidement. Ainsi : Ne te casse pas la tête! = Ne te casse pas le bécyk. Ça fait sûrement référence à la roue de la bicyclette qui tourne très vite pour représenter les idées qui défilent rapidement dans la tête pour trouver une solution à un problème très embêtant. Je suppose.

Et bien, à force de trop tourner, la roue décollerait et le vélo se casserait car il prendrait une méchante débarque… et nous avec! Voilà! Le sens est apparu. (Genre.)

C’est drôle aussi que, pour représenter la même idée de la tête qui laisse aller un tourbillon de pensées en vrac, on utilise aussi l’image de la roue avec un petit hamster dedans. Aviez-vous vu le lien? Voilà. C’était ma petite pensée du vendredi.

Bon. Je fais du coq à l’âne, pour vous faire une petite plogue gratuite est complètement désintéressée (mais le sujet est intéressant, lui). C’est que, juste pour le plaisir, j’ai cherché sur Internet cette expression se casser le bicycle, et je suis tombé (je dirais en amour, presque) sur un site très sympathique, qui décortique justement à peu près toutes les expressions québécoises qu’on peut entendre ici et là.

Le site, qui est en fait un blogue, comme celui-ci, est écrit en anglais, et s’adresse en particulier à ceux qui apprennent le français avec un accent québécois, ou autrement dit, qui veulent apprendre à comprendre la parlure québécoise. On présente les expressions à partir d’un contexte précis, par exemple, une publicité ou une émission de télévision où un mot ou une expression a été utilisée.

Fait cocasse, l’auteur se fait appeler Felix par des visiteurs (drôle, hein?). En fait, j’ai beau chercher, mais nulle-part je n’ai vu l’auteur se nommer. En tous cas, cette personne a écrit au-dessus de 1000 messages (entre 2010 et 2016… et y aura t-il une suite?), et j’ai lu des commentaires fort intéressants. À découvrir!

Voici l’adresse : https://offqc.com/

Grosse Douceur

Comment la décrire? Un espèce de Barbapapa violet avec des jambes (!) et en peluche. Bref, un espèce de gentil monstre qui représente… rien. Ou peut-être la gloutonnerie (mon interprétation), d’où le nom grosse douceur. Ou un espèce de popsicle au raisin en forme de cône arrondi, mais en peluche. Douceur, c’est dans le sens de sucré, on s’entend.

Expliquez-moi pourquoi je pense à une boisson gazeuse quand j’entends ce nom-là? Ce devait être subliminal.

Non mais, sérieusement, là.