À bas le week-end!

Ben non, je veux pas qu’on élimine les fins de semaine, voyons!

J’en veux plutôt à l’anglicisme week-end, qui est maintenant devenu largement accepté.

En fait, j’ai une suggestion.

Eh oui!

(Là, faites-moi plaisir : faites semblant d’entendre un lourd roulement de tambour…)

(puis… cymbale.)

C’est l’heure d’inventer un mot nouveau pour remplacer week-end.

Bref, mettre un terme à sa place!

(re-tambour-cymbale, en accéléré)

(Hein?)

Approchez, approchez…

… ben, pas trop proche, là. Juste assez pour lire.

Sans plus tarder, voici le mot : SAM-DIM!

Je sais, ça sonne comme un mets chinois… mais quand même, on reconnaît tout de suite les abréviations pour samedi et dimanche, soit les deux jours dudit weekend!

Pourquoi ce terme? Pourquoi pas fin de semaine?

D’abord, parce que pour qu’un terme soit accepté en français, il faut qu’il ait un sceau d’approbation de l’Académie française et du peuple français. C’est écrit quelque part. En tous cas, moi je viens de l’écrire.

Or, les Français ne diront jamais fin de semaine, car pour eux, ça désigne la fin de la semaine de travail (donc les jeudi, vendredi), et ça exclut les samedi et dimanche.

(Corrigez-moi si je me trompe, mais une rumeur de source fiable me l’a dit.)

De plus, on sait combien les Français adorent utiliser de l’anglais pour décorer leur accent — et pourquoi pas se faire tinter la cédille…

En fait, saviez-vous que ce sont les Français qui ont inventé l’expression week-end avant même que le monde anglophone ne leur pique cet inspirant mot valise?

(Là, croyez-moi sur parole. Essayez, au moins.)

Qui plus est, puisque que le mot est plus bref que la fin de semaine, ils vont hurler si l’on leur propose quelque chose de plus long que deux syllabes.

Et sans doute de plus en plus de Québécois devenus adeptes du mot qui commence par W et que je n’ose plus prononcer tellement je m’en mord la langue…

Comment utiliser le terme sam-dim?

Ce terme est approprié pour les conversation écrites :

Que fais-tu ce sam-dim?

On pourrait aussi l’abréger avec les premières lettres :

Que fais-tu ce s-d?

Il pourrait être dit au long :

As-tu passé un bon samedi-dimanche?

Euh… non. Oubliez ça… ou, faites-le. Faites donc comme vous le voulez.

L’important à retenir aujourd’hui, c’est ceci :

C’est LUNDI, bon début de semaine!

Nouveau mot : hayelah

Hayelah [ajela]: interjection de soulagement, que l’on dit généralement d’un seul souffle lorsque l’on trouve un objet que l’on avait perdu. Exemple : Où est mon portefeuille? Hayelah! Aussi utilisé pour nommer l’objet en question lorsque la réponse est instantanée : Où est mon… hayelah! Note : malgré l’usage du point d’exclamation à l’écrit, cette interjection se dit généralement en descendant le ton à l’oral. Quasi-synonymes : ouf, hiiiish, iiiiiii, oh yes.

Attention aux accords grammaticaux particuliers : Féminin : Haéllah. Pluriel : Hasonlah.

Oui, c’est inspiré de…

Halloween, c’est féminin. (ouch!)

Excusez-moi d’être hors saison. La fête d’Halloween est bien loin derrière, et la St-Valentin m’en veut furieusement de lui faire ombrage, mais… je viens de le découvrir, et quand j’ai su ça, j’ai été choqué.

Sans doute comme vous, j’ai toujours cru que Halloween, c’était masculin. Quand je voyais des annonces publicitaires sur lesquelles on pouvait lire Joyeuse Halloween, je criais au scandale : faute! En tous cas, j’imaginais que c’était une erreur de débutant : Joyeux Halloween se prononce de la même façon, alors je me disais que les gens écrivaient au son sans se douter que c’était mal écrit.

Mais non.

Halloween, c’est bel et bien féminin. Robert Larousse me l’a appris tout à l’heure. (Demandez-lui. Vous verrez.)

Tout un choc, hein?

Intuitivement, on dirait : As-tu passé un bel Halloween? Non? Suis-le seul à trouver ça étrange de le lire autrement? Je crois que j’aurai(s) bien du mal à m’habituer à dire une Halloween. C’est juste laid.

Bon, ce doit être encore la faute des Français (les mots dits, ce sont eux).

Les Français ne fêtent même pas l’Halloween, et ce sont eux qui ont décidé, non seulement de le genrer féminin (je viens de découvrir spontanément le verbe genrer, que Robert ne connaît même pas), mais ils ont aussi décidé de ne pas lui attribuer d’article (on fêterait donc Halloween et non l’Halloween, un peu comme on fête Noël et non la Noël, finalement… sauf que Noël, c’est pourtant masculin! Ironique, quand même.).

Voyons! C’est ridicule! C’est ici en Amérique du Nord que l’on fête Halloween… euh… je veux dire l’Halloween! C’est quoi cette histoire? Ce sont ceux qui participent activement à la fête qui devraient décider du comment que l’on appelle cela, non?

Alors, je prends position : Halloween, c’est masculin, point. Je vais liquid-paperiser Robert et Larousse afin qu’ils le retiennent pour toujours.

Bien sûr, au contraire, la St-Valentin, c’est féminin. Même si Valentin, c’est un nom de gars… comme Patrick dans la St-Patrick, Jean-Baptiste dans la St-Jean-Baptiste, etc. Est-ce à cause de la fête de…? Non! On dit la fête de Noël, mais c’est quand même masculin!

Alors pas de chicane. Tranchons pour ceux qui fêtent, et les esprits seront bien gardés.

Excusez-la.

Spontanons!

Quelqu’un m’a dit que spontaner était un verbe, alors je suppose que c’est vrai. La preuve, c’est que son participe passé existe : spontané!

Je vais l’adopter officiellement sur ce blogue en hommage à la personne qui l’a découvert (parce que les mots se découvrent, et souvent très spontanément, justement).

Et voici en bonus une petite pensée du jour à propos du thème de la spontanéité, car pour écrire un blogue, il en faut :

Dans le mot spontanéité, il y a le mot pont. L’aviez-vous remarqué?

Faites le lien que vous voulez, mais faites-le.

Il y en a un, c’est sûr.

Par exemple, si on enlève le mot pont, spontanéité devient sanéité, un autre mot que nous venons de découvrir ensemble. La sanéité, c’est le caractère de ce qui est sané, que l’on retrouve dans le verbe saner. J’imagine déjà que le sens de ces mots renvoient à l’inverse de la spontanéité.

Vous voyez, quand on sanne (parce que ça s’écrit avec deux N lorsqu’il est accordé au présent, je viens de le découvrir avec vous) ou quand on est sanné, on est triste, ennuyé, usé par la routine. On reste dans ses habitudes plates et on se morfond, quoi.

Bref, pour être spontané, il faut qu’il y ait un pont! Peut-être une sorte de lien avec les autres, genre. C’est une théorie.