« Liker » et « chater »

Je déteste les adaptations françaises de to like et to chat dans un contexte d’Internet.

Lu avec une prononciation française, liker se lit comme dans cliquer, ça ressemble à un liquide, une liqueur, ou même au verbe anglais to lick, soit lécher. Faudrait-il alors l’écrire laïquer? On dirait une manière maladroite de dire rendre laïc. C’est absurde et laid de toutes les façons.

Utiliser aimer, ça peut aller pour certains cas, comme aimer une page Facebook. On peut dire aussi qu’une page a 99 J’aime ou 99 abonnés. Sauf qu’on peut aimer une page sans s’y abonner en cliquant sur J’aime. On peut aussi aimer une publication sans l’indiquer formellement.

Comment distinguer le fait d’aimer une page ou une publication et le fait de poser l’action de cliquer sur le bouton J’aime?

Voici ma proposition. Puisque le bouton s’appelle J’aime, je propose de créer le verbe J’aimer. On l’accordera ainsi :

Je j’aime
Tu j’aimes
Il / Elle j’aime
Nous j’aimons
Vous j’aimez
Ils / Elles j’aiment

Vous j’aimez? Je veux dire… vous aimez? Alors j’aimez mon message.

Chater, maintenant. Chater, ça ressemble à chatouiller ou à caresser doucement. Certains ont proposé tchater, pour s’assurer que le son t soit prononcé, mais avouons que c’est toujours laid. Quant à chatter, que j’ai vu aussi, on a l’impression que ça veut dire « faire la chatte », presque provoquer par la séduction.


On a proposé le néologisme clavarder, qui est franchement « passable » en terme de résonance. Pourquoi ne pas simplement employer les mots discuter ou interagir avec une personne? On discute bien au téléphone, et on n’a pas de mot précis pour ça. Pourquoi le fait d’avoir une discussion à l’écrit serait une expérience si différente? On pourrait même dire parler, à la limite. Ou jaser. Après tout, en anglais, le verbe to chat a le même sens en contexte d’une conversation en personne, non?
Sur un forum de discussion, qu’il soit en personne ou dans un univers virtuel, c’est bien ce qu’on fait : on discute. On discute donc à l’écrit. La seule différence avec l’interaction qu’on appelle le chat en anglais, c’est qu’elle est instantanée, voire en direct. On pourrait simplement dire interaction en direct ou discussion en direct, comme on dit aussi messagerie instantanée. Est-ce si compliqué que d’utiliser des mots existants?
Bon, je vois que vous êtes déçus. Vous auriez aimé que j’invente un mot nouveau. Hum… Quelque chose pour remplacer clavardage?

D’accord. On interagit à l’écrit, alors on inter-écrit? On écrit en un éclair, alors on élairécrit? Pas pire, ça? Voulez-vous éclairécrire avec moi? Non. Éclire, tant qu’à ça.

Inventons un mot qui ressemble à un autre, tiens : discusser. blavarder, écriter, jasetter… Hé! J’aime ça, jasetter! Ça lui donne un ton léger, comme discuter de sujets simples. Bon, vendu! On ira jasetter de ça sur Facebook. Ce sera du jasettage… de bas étage. Bon, à revoir…

Qu’est-ce que j’entends? Qu’est-ce que j’entends par là? Qu’est-ce que j’entends faire avec ça?

Selon le Robert, le verbe entendre signifie d’abord se prêter à quelque chose, et vient du latin intendere qui signifie tendre vers.

On l’utilise notamment pour dire que l’on approuve, accepte ou consentit à quelque chose, pour démontrer son intention, ses exigences, sa prétention, ses préférences, etc..

J’étais convaincu que ce verbe signifiait d’abord la capacité de percevoir les sons, par l’ouïe, mais cela en serait plus la troisième signification, après celle de percevoir par l’intelligence, soit comprendre.

Enfin, s’entendre signifie se comprendre.

Comment j’ai l’intention de procéder

Bon, alors voilà. Le blogue est en ligne. Ainsi soit-il.

Maintenant, quoi faire avec? Il va bien falloir que j’établisse des règles, que je me dote d’une ligne directrice pour que ça fonctionne pour vrai, hein?

D’ailleurs, qu’est-ce que j’entends par fonctionner pour vrai? Je suppose que ça veut dire écrire pour être lu. Sinon, à quoi bon écrire, hein?

Tiens, je vais me lancer un défi : écrire chaque jour quelque chose. Voici un défi plus grand : écrire un message (Bloogle appelle-ça comme ça, ce que je suis en train d’écrire : un message) assez bref pour dire ce qu’il a à dire, tout en essayant de vous décrocher un sourire pour débuter la journée. 🙂

Euh… Hein? Qu’est-ce que je viens d’écrire là? Débuter la journée?

Ouf! Si je dois publier le matin, ça veut dire me lever tôt! Au moins, assez tôt pour que vous puissiez l’attraper avant de partir vaquer à vos occupations.

Oh! Tiens!

Voilà un bel exemple de sujet pour commencer. Je m’offre — et à vous aussi — un petit cours de français et de culture générale.

Et pourquoi pas un premier trafic de sens, puisé à même mon imagination?

Alors voilà. Saviez-vous que le verbe vaquer veut dire notamment être en vacances? Alors, je me demande : pourquoi vaquer à ses occupations veut dire quasiment l’inverse? Étrange, non?

Vaquer vient du latin vacare, qui veut dire être vide. Comme c’est le cas d’un terrain vacant. On a commencé à utiliser vaquer à dans le sens de s’occuper de à partir du XIVe siècle (selon mon ami Robert).

Et pourtant, le premier sens de vaquer du dictionnaire, c’est bel et bien dans le sens de prendre congé!

Juste à cause d’un petit à, le sens change drastiquement. Bizarre, non?

Voici peut-être un début d’explication (au sens trafiqué, si vous suivez bien).

Donc, pour nos ancêtres latins, vaquer voudrait dire être vide. Pourtant, pour la plupart des gens, c’est après une journée de travail qu’on se sens vidé, non?

Alors… J’imagine qu’on se vide à petit feu chaque jour. L’exercice de nos activités quotidiennes produirait ainsi un épuisement progressif dans notre corps et notre esprit.

D’ailleurs, le petit à qui suit immédiatement le verbe vaquer sert à marquer justement l’avenir, ce qui vient. Vous en doutez?

Alors voici mon irréfutable démonstration : en musique, dans les pays anglo-saxons, la lettre A représente la note la (c’est vrai, hein?). Et, dans La mélodie du bonheur, dans la chanson pour apprendre les notes, pour la note la on dit l’endroit où vous allez. Vous me suivez, hein?

Ensuite, il suffit d’ajouter un accent grave pour marquer l’importance du concept.

Donc : à = A = la = là = vers où on va = l’avenir, ce qui vient

TADAM! Mystère résolu.

Ainsi, notre réservoir d’énergie et de patience se vide sans qu’on en ait conscience, et devient vacant jusqu’à ce qu’on l’occupe avec de nouvelles calories… de sens à notre vie. Et la vie devient vide de sens lorsqu’on ne la nourrit pas.

Alors, pour vous encourager — et pourquoi pas pour moi aussi — je vous offre le meilleur déjeuner qui soit : une bonne dose de trafic de sens chaque jour.

La vocation du blogue est réglée. Régalez-vous!

(Bon, déjà presque neuf heures. Je peux faire mieux.)