Par la fenêtre…

Devant un panneau d’où l’on peut lire « Stationnement 15 minutes », un camion noir immobile et son chauffeur semblent faire fi du règlement. Le panneau indique que l’endroit est un « débarcadère réservé » à une « garderie ». Or, ce camion, il ne peut pas, en aucun cas, transporter des enfants en bas âge. C’est de toute évidence un camion conçu pour le travail : deux sièges à l’avant, un espace de chargement à l’arrière. Une benne, à ce que je pourrais dire. Et ce camion, il ne sert à rien. Il ne transporte rien, rien d’autre que son chauffeur. Sa benne est vide. Et propre. Pas la moindre trace de terre, ni même de poussière. Il reste là, moteur éteint, probablement. Je ne saurais dire : je n’entends rien. J’observe ce camion, que les passants semblent ignorer, depuis la fenêtre de ma classe, en attendant que le cours commence.

Devant, de l’autre côté de la rue, il y a un « espace commercial à louer », comme l’indique la pancarte qui remplace l’enseigne habituelle. Voilà un « espace » qui ne sert à rien, qui tient compagnie à un camion vide de l’autre côté. Une affinité imprévue. Un ancien café, comme l’indiquent les vitrines. Il n’y a pas de nom. Juste le mot « café » en lettres blanches sur la vitre. Et aussi les mots « accès Internet gratuit » sur la porte. Je ne vois pas de numéro de l’immeuble, mais l’adresse du lieu s’est sans doute subtilement glissée dans le courriel de la personne à qui s’adresser : « 1254denis@gmail.com ». Le « denis », c’est pour « Saint-Denis », la rue, de toute évidence. Je suis à l’UQÀM, et l’enseigne de l’immeuble d’à côté indique : « Hôtel Le Quartier St-Denis ». Les lumières extérieures sont allumées en plein jour. C’est un jour nuageux, mais on voit bien clair. Juste à côté, un restaurant Pacini « pâtes et grillades à l’italienne ». On voit des gens manger à travers la vitrine. Devant la façade, il y a une terrasse. Une terrasse vide. Il fait sans doute trop frais pour manger dehors.

De ce côté-ci du trottoir, devant le camion noir qui est toujours stationné, quelqu’un a verrouillé une bicyclette. Celle-ci aussi, elle est noire. Elle est cadenassée à un poteau de stationnement recouvert d’une jaquette rouge. Sur la toile, on peut lire que le stationnement est réservé. Réservé pour qui, donc?

Le cours va commencer. Le temps de m’emplir la tête.

À la pause, je retourne à la fenêtre. Une femme noire, qui porte un manteau en cuir noir, s’est accotée sur le muret de la terrasse. Elle parle au téléphone. Le camion noir est parti, mais le vélo est resté docilement stationné. Une autre femme vêtue de noir passe de ce côté-ci de la rue. Puis d’autres gens, habillés en noir et blanc. La femme de ce côté-ci avait une canne blanche, mais semblait pourtant bien voir devant elle. Comment le saurais-je? C’est juste une impression. Tout se passe rapidement. Du coin de l’œil, je crois apercevoir un corbeau qui se déplace sur la rue. En fait, c’est un pigeon, et celui-ci est gris. Il disparait vite de ma vue. Tiens, le vélo noir s’est fait un ami : un vélo bleu est venu s’accoter de l’autre côté du poteau à la jaquette rouge. Je viens juste de le voir. Il est d’un bleu foncé discret.

La dame à la terrasse a disparu. Peut-être s’est-elle envolée, je ne l’ai pas vu partir.

Une voiture rouge passe, rue St-Denis. La première que je remarque. Puis, sur le trottoir, de mon côté de la rue, passent successivement un couple aux cheveux clairs, puis deux femmes, puis une personne que je vois de dos et dont je ne pourrais dire le sexe. Voilà comme un éclair de couleurs vives qui casse le calme et la monotonie. Une femme traverse la rue : jeune, cheveux teints en blond, vêtue d’un chandail noir et d’une jupe couleur d’or. Je la vois de face, puisqu’elle s’avance vers ce côté-ci de la rue. Est-ce que je la reconnais? Je crois l’avoir vue dans mon cours. Elle était peut-être partie manger une bouchée, mais comment le saurais-je? C’était peut-être une fausse impression, voire un préjugé.

Un couple âgé sont sur le pas de l’Hôtel Le Quartier St-Denis, alors que je vois presque tout de suite de jeunes gens vêtus de noir marcher main dans la main de ce côté-ci de la rue. Le doute m’envahit subitement : l’homme et la femme de l’autre côté forment-ils vraiment un couple? Aucun indice pourrait le confirmer, en fait. J’ai peut-être jugé un peu vite. À vrai dire, l’homme, presque chauve, pourrait n’être que le concierge, et sa « femme », qui semble friser la soixantaine, une simple cliente ou même sa patronne. Après tout, ils ne faisaient que discuter ensemble. Ils étaient éloignés l’un de l’autre, en plus. L’homme aux cheveux gris est habillé d’un jean et d’un T-shirt du même bleu, comme s’il s’agissait de son uniforme de travail. Comment ai-je pu être si dupe? Voilà qu’il s’engage d’un côté, et je le vois partir, mais où est passée la femme avec qui il s’entretenait il y a un instant? Le temps d’écrire, je l’ai perdue de vue. Elle n’était pas avec lui.

Tranche de vie d’un grille-pain

Toute une vie à rester muet, c’est long. J’envie encore le haut-parleur qui peut, lui, émettre des sons ; des sons allant du bruissement du ruisseau à la gueulade d’une musique au métal hurlant. Même si le haut-parleur ne dit pas ce qu’il pense… s’il pense. Comment pourrais-je le savoir? Il ne s’est jamais adressé à moi.

Au moins, je ne suis pas une chaise. De longues minutes, sinon des heures, à retenir le derrière de Monsieur ou Madame X ou Y. La pression doit être intenable. Il faut croire que la chaise réussit assez bien à soutenir tout ce monde, jusqu’à ce qu’elle se démode ou qu’elle casse. Mais ressent-elle de la douleur lorsqu’elle craque ou qu’elle casse? Allez savoir…

Au moins, je ne suis pas non plus une boîte à lunch. Son rôle dans l’univers se résume à transporter le pain que j’ai grillé et qu’on a transformé en sandwich. Ça, et peut-être un jus ou un fruit. Je ne voudrais pas être une tranche de pain. Même si je lui permet de se faire dorer, sa vie est éphémère. Il finira englouti dans un estomac ou jeté à la poubelle par des gens qui avaient mal calculé l’appétit du destinataire. Misère. Non, la vie de boîte à lunch est trop cruelle et ordinaire.

– Pourquoi parles-tu de moi ainsi, grille-pain?
– Hein? Quoi? Qui parle?
– Devine! Celle qui a une vie ordinaire à tes yeux, j’imagine?
– Boîte à lunch? Impossible. Tu ne parles pas.
– Pas plus que toi, jusqu’à maintenant. Et tu m’entends?

Ce doit être mon imagination. Ou j’entends des voix. J’entends, moi? Depuis quand au juste?

– Depuis au moins cinq minutes. Je t’écoute te plaindre… C’est navrant.
– Tu… tu m’entends même penser?
– Ça a bien l’air, oui.
– Mais que nous arrive-t-il, à nous deux? Quelqu’un d’autre entend ici?

J’ai compté 10 secondes. Dans ma tête. Une tête imaginaire, sans doute…

– On dirait bien que non, grille-pain.
– Non quoi?
– Personne d’autre n’entend. Et forcément tu dois avoir une tête pour compter dans ta tête.
– Je n’en suis pas si sûr. Quelqu’un qui compte dans sa tête, personne n’entend. Or, toi, tu lis dans mes pensées…
– Peu importe ces questions existentielles. Pourquoi ne pas parler de tes rêves plutôt que jalouser ou rabaisser tout ce qui existe dans la maison? Pourquoi ne pas apprécier ce que tu es et ce que tu fais dans la vie. Tu n’aimes pas ça, dorer des tranches? Les chauffer, les rendre croustillantes?
– Bof, tu sais…
– C’est bien ce que je pensais. Tu vois, moi, je rêve de transporter bien plus que des sandwiches.
– Tu rêves, toi? Tu veux transporter des soupes? Des plats surgelés?
– Mais non, idiot! Je parle de transporter des personnes!
– Des personnes, maintenant! Mais comment ferais-tu ça? Tu ne pourrais même pas transporter un bras, sauf la main qui te tiens chaque matin…
– Bravo pour la rime, mais si l’on ne rêve pas, on ne va nulle part.
– Alors tu rêves d’aller où?
– Partout dans le monde. À la vitesse du son.
– Tu veux être un avion?
– Hé! Comment fais-tu pour deviner?
– Je dois lire dans tes pensées, moi aussi. Ou juste un simple sens de la déduction…
– C’est réussi.
– C’est un bon choix.
– Quoi?
– L’idée d’un avion. Un avion a plusieurs belles qualités, dont celle de faire du bruit.
– … et de transporter des lunchs!
– Ouais. Même asseoir du monde…
– Tu te rends compte si nous étions un avion, nous serions très soudés ensemble.
– Ouais. À bien y penser, je pourrais m’arranger pour me faire recycler.
– Tu vois? Tu rêves enfin.

Adieu Blogger, bonjour WordPress!

Ben oui. Il fallait bien que je le fasse. À un moment donné, il faut se rendre à l’évidence : Blogger, comme outil de création de blogues, c’est nul. WordPress, que j’ai utilisé pendant des années, m’a toujours offert une expérience de concepteur-collaborateur des plus intéressantes.

Alors… pourquoi avoir décidé un jour de changer de plateforme, si tout allait si bien? Sans doute pour le plaisir d’essayer. Or, je l’ai essayé pendant un an, au moins. Verdict? Insatisfait, le monsieur. En plus, le monsieur avait besoin d’unifier ses efforts en un seul endroit. C’est fait, pour une fois : j’ai enfin un nom de domaine personnalisé, felixarseneau.com ! Champagne!

OK, il reste du travail à faire, mais bon, l’effort est là. C’était une première étape. La deuxième était d’écrire ce billet-ci, pour remplacer le Hello World! qui est venu avec le nouveau site. Voilà qui est fait. La troisième étape est de publier, puis de partager ce texte. Je suis tout excité, là. Ça parait pas, hein?

En passant, je n’ai pas écrit ce texte le 22 décembre. Ça, c’est la date de mise en ligne du blogue avec une copie des anciens textes (sur Blogspot.ca). J’ai mis à jour le texte de Hello World! aujourd’hui. Euh… j’imagine que vous ne savez pas quand, hein? On est… ‘tendez un peu que je vérifie… On est le… 27 décembre ! Donc, je vais partager ce texte dès maintenant.

Vive les mots qui servent à rien.

Nouveaux proverbes, potentiels ou probables

La majorité des proverbes que nous utilisons de nos jours ont été inventés depuis des siècles, voire des millénaires, peut-être!

Et si on en créait de nouveaux, à l’image du 21e siècle?

Je vous en propose quelques uns, la signification que je leur donne, et une signification potentielle pour plus tard.

  • Rien de moins « net » qu’Internet.
    On trouve beaucoup de faussetés sur le web. (Ne te fie pas à tout ce qui t’est présenté.)
  • Google mange des effaces pour déjeuner. = Une fois publié, jamais oublié.
    Une fois publié sur le web, très difficile de l’effacer. (Faites attention à ce que vous dites, parce que les écrits restent.)
  • Petit texto, gros bobo.
    Un petit message peut causer de gros ennuis. (Ne sous-estimez pas la gravité d’un petit geste anodin.)
  • CC rime avec cessez.
    Coupez court avec les copies conformes. (Évitez d’attirer inutilement l’attention sur vous.)
  • L’avatar avait tort, mais en ressort le sort.
    Ce que tu dis derrière ton identité numérique, tu en es toujours responsable. (Sois conséquent avec tes actions.)

Bon voilà. D’autres idées?

Juste pour écrire

Chez l’éditeur :
– C’est ça, votre manuscrit?
– Euh-hum.
– Mais ce n’est qu’un tas de pages blanches! Vous vous moquez de moi?
– Ah non! Vous avez tort. Regardez de nouveau sur la première page : quelques lignes se sont ajoutées depuis tout à l’heure.
– Hein? Qu’est-ce que…? Oh! mais c’est vrai! Comment vous avez fait ça?
– Attendez! … Regardez attentivement. Lisez.
– Hein? Quoi? Qu’est-ce que… Holà! Mais… on dirait que… mais oui! C’est bien notre conversation qui s’est écrit, sur ces pages? … Ô MON DIEU, TOUT S’ÉCRIT EN DIRECT! Ça par exemple! C’est hallucinant! Comment faites-vous? Vous êtes magicien ou…?
– Pas du tout! Enfin, peut-être, mais tout ceci est d’abord possible grâce à mon imagination.
– Vous êtes fort, en tous cas! Je n’ai jamais rien vu de si incroyable. Ha ha! C’est fou de voir tous ces mots s’ajouter au fur et à mesure que je parle! Ha ha! … Attendez, je peux dire n’importe quoi? … Voyons voir : crip crip bouc bouc delak delak pouet pouet… Ha Ha Ha! C’est tordant! C’est vous qui contrôlez tout ce qui s’écrit ici, à l’aide de votre pensée? Attendez, votre truc, on appellerait ça… de la téléscriptie? Voilà! C’est officiel. Je viens d’inventer un mot. C’est vrai, c’est officiel, puisqu’il est , sur votre manuscrit. C’est génial!
– Pas exactement grâce à ma pensée. C’est plus complexe que cela. L’écriture est le résultat d’une négociation entre mon imagination, qui est la force motrice (je l’ai dit plus tôt), et ma raison, qui l’encapsule dans un langage compréhensible, tout en conservant une certaine touche de subtilité. Un langage, comme avec ces mots français qui s’écrivent sur les pages que vous lisez en ce moment. Bref, d’un côté : un générateur de pensées créatives à profusion, sans réserve; de l’autre : un gendarme de pensées structurantes et contraignantes qui se laisse quand même séduire par les mots. C’est le résultat d’un ensemble de pensées tiraillées et débattues ensemble.
– Fascinant. Et moi qui croyais que les écrivains ne mettaient que des mots sur des pages. Mais vous, vous allez aller loin, avec un truc pareil. Regardez-moi ces mots qui défilent… C’est un spectacle que vous devriez monter. Vous devriez aller en parler à… comment s’appelle t-il, le mec de Juste pour Rire?
– Gilbert Rozon?
– Oui, c’est ça! Pourquoi n’iriez-vous pas lui montrer votre truc? Ce serait sensationnel comme numéro!
– Je ne vois pas l’intérêt.
– Mais… pourquoi? Enfin… vous ne trouvez pas ça exceptionnel?
– Non.
– Vous…? …mais enfin, pourquoi venez-vous me voir, alors?
– Eh bien, parce que vous êtes éditeur, et je suis auteur. Je veux simplement être publié.
– Vous voulez que je publie ça, ce que nous discutons à l’instant? Mais c’est absurde!
– Pourquoi?
– Eh bien, parce que… mais vous le savez très bien! Ça ne fait pas automatiquement une bonne histoire, ça! Je veux dire, que nous soyons là à discuter des possibilités de publication de votre livre en ce moment même, ça ne garantit en rien que cette « discussion » soit suffisamment intéressante pour être publiée! D’autant plus que vous, l’auteur, votre rôle c’est… mais enfin, vous voyez ce que je veux dire! Je publie des ouvrages écrits par des auteurs, de vrais auteurs! Pas des magiciens qui écrivent la réalité en direct à l’aide de leur… « don »… ou alors… attendez… Vous utilisez une technologie de reconnaissance vocale très avancée sur une nouvelle sorte de papier électronique sophistiqué… c’est ça, votre truc?
– Rien à voir.
– Bon, écoutez. J’ignore ce que vous cherchez à faire avec moi ici, et pour être honnête, je n’avais prévu qu’une quinzaine de minutes pour cet entretien. Vous savez, je représente les intérêts de plusieurs personnes très haut placées qui ont intérêt à ce que je prenne de bonnes décisions pour retirer un maximum de profits en le moins de temps possible. Vous devez savoir qu’après vous, j’ai d’autres excellents écrivains à rencontrer, et je dois quitter tôt aujourd’hui par obligations familiales. Maintenant, je constate que, déjà, une bonne quantité de texte s’est inscrite sur le manuscrit que vous m’avez remis, et ça continue toujours d’ailleurs (et je vois que je parle beaucoup)… mais votre manuscrit « en devenir » compte encore plusieurs autres pages blanches, alors… je veux dire… comptez-vous étirer cette conversation très longtemps? Si toutes ces pages devaient être publiées… je veux dire… je n’ai même pas le texte complet pour prendre une décision de vous publier ou non. Comment voulez-vous que je prenne une décision tant que je n’ai pas vu le texte en entier?
– Vous pourriez me faire confiance, et l’histoire se poursuivrait après que vous ayez décidé de me publier. Elle continuerait de s’écrire jusqu’à ce que toutes les pages blanches soient remplies de petites taches d’encre en forme de lettres et d’autres symboles, comme c’est le cas en ce moment.
– Quoi? Que je… Et l’histoire, en gros, ce serait quoi… et elle se terminerait comment et, surtout, quand? Autrement dit, à quel moment est-ce que votre manuscrit serait complété pour l’envoyer au montage et à l’impression?
– Justement, c’est logique : il serait terminé au moment où le livre serait imprimé. Et pour ce qui est du sujet, ça pourrait simplement être l’histoire de la publication du livre en question.
– Non, c’est techniquement impossible. D’autant plus que c’est pour moi un grand risque! Écoutez, même si je vous aime beaucoup, et que votre talent de téléscripteur m’impressionne, je crains que ce soit incompatible avec mon rôle d’éditeur.
– Oui. Vous avez raison, et je vous comprends. Et je me rends compte que c’est aussi un risque pour moi. Je vais donc renoncer immédiatement à la publication de ce livre.
– Quoi? Vous allez abandonner maintenant? Mais… vous n’avez même pas terminé votre manuscrit! Vous pourriez voir d’autres éditeurs, et l’histoire se poursuivrait; en d’autres mots, elle continuerait de s’écrire!
– Bof, non. Ma décision est prise. … Bon, puis-je ravoir mon manuscrit?
– Euh… oui, bien sûr, mais… puisque vous renoncez à le publier, à quoi bon le garder?
– Quand même. Pour mes archives personnelles… Ah, tiens. Je vais mettre ce texte épique sur mon blogue. Au moins, je ne serai pas venu ici pour rien. J’aime bien raconter ce qui se passe dans ma vie, même quand c’est banal.
– Je vous souhaite bonne chance. Revenez me voir lorsque vous aurez complété une vraie histoire.
– Désolé, je n’écris que de la fiction. Ou de l’humour. Selon mon humeur…
– Quand comptez-vous publier pour vrai?
– Je l’ignore. Je suppose que ce sera lorsque j’aurai une tonne de hits sur ce texte, je suppose. Ou d’autres qui seraient jugés plus saisissants. En attendant, il est temps pour moi de cuisiner quelque chose.
– Bon appétit!
– Je vous reviens avec un produit raffiné.
– J’en salive déjà. Au revoir!
– À bientôt, j’espère.

Objectif atteint!

Voilà! C’est fait.

Je suis allé au bout de mon engagement.

De quoi parle-je?

Vous avez raison de poser la question (bon, c’est vrai, c’est moi qui écris la question à votre place… en fait, même pas tel quel, parce que vous, vous auriez dit : De quoi parles-tu?… et en plus, moi j’imagine à votre place que vous vous le demandez vraiment, alors que je ne vous l’ai même pas demandé… et même si je vous l’avais demandé pour vrai, et qu’on imagine que ç’aurait été possible pour moi d’avoir votre réponse, celle-ci aurait été multiple, et ça aurait fait de la chicane… alors, non, c’est moi qui tranche : vous vous êtes posé cette question, point!)

Ouais! Alors… de quoi parle-je?

En fait, je n’en ai jamais parlé ici (enfin, je crois). J’ai plutôt eu cette conversation avec moi-même il y a une bonne couple de semaines (je sais que une couple c’est un anglicisme, mais j’adore cette manière de dire les choses).

Qu’est-ce que je me suis dit?

À force d’écrire, je me suis rendu compte qu’écrire chaque jour de la semaine était un exercice difficile. En effet, ça demandait non seulement de la discipline et de la ponctualité, mais aussi de l’indulgence, du lâcher prise, de la bienveillance et plein d’autres belles choses qui vont me revenir à un moment donné.

That’s the spirit : Laisser le texte aller, peu importe si c’est complet ou non, si c’est exact ou non. L’esprit d’écriture de ce blogue est de laisser aller l’esprit, en émettant le moins de jugement possible.

Voilà d’ailleurs l’un des aspects que j’avais envie de travailler en participant à cet exercice.

Correction : pas simplement en participant, mais en le menant à bout de bras!

Donc, cet exercice d’écrire chaque jour demande de l’énergie, et la tentation d’arrêter était toujours présente.

C’est lors d’une réunion du conseil d’administration de toutes les parties impliquées dans la rédaction de ce blogue (soit la tête, le cœur et les trippes) que j’ai adopté unanimement la résolution suivante :

Écrire chaque jour pour six mois.

Et nous voilà arrivés, en ce pluvieux vendredi 5 mai 2017 (d’ailleurs, petite parenthèse de numérologie : 05+05 = 10 ; 2+0+1+7 = 10… donnez-moi juste le temps de vérifier ce que donne l’addition des lettres que contient le mot vendredi, et je vous impressionne, c’est sûr!…)… donc en ce jour d’aujourd’hui, c’est exactement six mois suivant le premier message, le 5 novembre 2017 (et petite parenthèse de numérologie : 05+11 = 16!… 11-5 = 6!… 5+1+1 = 7!… 6+7 = 13! 13+16 = 29!… ah! pis, [bip!]…).

Je suis super content d’avoir relevé le défi!

Je veux me donner une grosse tape dans le dos!

Je me suis fait un gros plaisir! (Hum… c’est douteux comme formulation… mais je vais la conserver car ça peut faire drôle… je veux dire faire rire, parce que ça peut être drôle… peu importe, je la laisse telle quelle.)

Ce que je veux dire, c’est que j’ai eu du fun. Du plaisir. Du plaisir à écrire et de m’obliger à le faire. Chaque soir, comme un rendez-vous avec mon clavier et mon écran. Et du plaisir. Un trip à trois.

Il fallait quand même le trouver, le plaisir. Parfois, j’arrivais à reculons, en ne sachant pas trop quoi sortir de ma tête. Est-ce que ce sera bon? Est-ce que ce sera intelligent? Est-ce que ce sera drôle? Est-ce que ce sera vrai, authentique? Est-ce que ce sera… moi?

C’est toujours moi, on s’entend. Je ne copie-colle jamais. C’est toujours de mon cru.

Là où je veux en venir, c’est que l’écriture est un exercice difficile, qui se commande mal. Tôt ou tard, dans ce type d’exercice d’écriture quasi forcée, il arrive que le texte ne corresponde pas à nos attentes, à nos critères de qualité, et même presque à nos valeurs (à la limite, je dis).

C’est dur! Ça demande, comme je le disais, beaucoup d’indulgence envers soi, car ce n’est pas vrai que l’écriture sort constamment de nulle part. L’écriture est comme un animal que l’on apprivoise, que l’on apprend à dresser (peut-être), mais comme un animal, on ne contrôle pas tout le chemin où elle a envie d’aller. Certains jours, elle voudra aller le moins loin possible, alors que d’autres, elle vous tiendra en haleine pendant des heures (comme ce soir, je suppose).

On appelle ça l’inspiration. J’en ai beaucoup parlé de celle-là. Cette joueuse de tour, qui se cache un peu partout. Vous l’imaginez bien, comme un animal?

L’écriture, le texte, c’est aussi comme un plat de cafétéria. Un jour, il peut être excellent, et vous en entendrez parler pendant des jours, alors qu’un autre, le texte sera fade, sans valoir le détour.

Et la crainte de l’écrivain en devenir que je suis (ouais, je suppose que j’ai un certain avenir là-dedans, comme un certain présent aussi), c’est que, comme un chef, notre plat du jour déçoive, et que les clients (disons, les visiteurs, les lecteurs…), comme ceux qui étaient habitués à des textes de qualité, s’en lassent et ne reviennent plus.

Une obsession, je vous dis.

En même temps, cet exercice est un bon moyen d’exercer l’indulgence.

Parlant d’indulgence, je vais faire une grosse exception ce soir, parce que ça fait pas mal de minutes que j’écris, et que je n’ai pas souper, et que j’ai une grosse journée demain : je vais publier ce soir (vendredi), et je vais continuer d’écrire demain (samedi).

Vous me suivez?

En fait, j’ai déjà fait quelque chose de semblable sur deux jours dans un même article. La différence, c’est qu’ici je vais simplement modifier un texte déjà publié.

Ainsi, le texte publié vendredi se termine avec ce paragraphe. Si vous lisez vendredi, il y a une ligne au prochain paragraphe. Celle-ci sera effacée ou remplacée, et du texte (beaucoup de texte) sera ajouté samedi (… ou peut-être après, un autre jour… c’est la fin de semaine pour tout le monde, après tout… Indulgence pour tous!!!)… parce que j’en aurai beaucoup à dire sur mon expérience. Pour l’instant, l’heure est à la fierté! 🙂

***

Si vous lisez ceci, c’est que nous sommes passés vendredi (le jour où j’ai publié… vous suivez?), car j’ai remplacé la ligne de texte que j’avais écrite hier (vendredi).

Nous sommes samedi soir (je ne sais pas pour vous, mais moi, je suis samedi soir au moment d’écrire ceci), et je n’ai pas pu écrire beaucoup de texte. Dommage, mais ce n’est pas grave, car je l’ai dit : mon objectif est atteint! Désormais, je n’ai plus l’obligation d’écrire; juste le goût devrait suffire.

Plus de détails suivront, peut-être ici (probablement ici, en fait, car le message n’est pas terminé). C’est un rendez-vous… quelque part… à un moment donné! Bye!

Encore un…

Déjà 19h35. Le temps file… Vite! Publions au moins quelque chose avant que tout le monde dorme!

Il y a de ces soirs où on a juste envie de laisser défiler les mots au bout de la ligne, comme ce soir.

Avouons que c’est une drôle d’idée, quand même, de se donner comme défi d’écrire chaque jour, même quand la tête est juste incapable de produire de l’originalité. Juste des phrases ordinaires, comme celles-ci.

Il m’est arrivé, et je pense que j’en ai déjà parlé, que j’aie trouvé de l’inspiration en écrivant, exactement comme l’appétit peut venir en mangeant, et comme devenir forgeron arrive en forgeant. J’espérais vivement que ce genre de parallèle survienne : voilà, je suis exaucé d’un même paragraphe.

Mieux, je vais faire comme d’une pierre deux coups : je vais faire d’une phrase deux sens. Où? Comment? Pourquoi? Je l’ignore encore.

En fait, j’avais écrit un message au sujet de cette expression. Je l’avais trafiquée pour lui donner un autre sens. Je vais donc, soit le faire de nouveau, soit le faire antérieurement. Après le futur antérieur, je dévoile le passé postérieur. Drôle de nom, quand même.

Petite leçon de français que je viens tous juste de suivre : postérieur quand on parle du temps, c’est après quelque chose (ce qui suit); quand on parle de l’espace, c’est derrière… (o_O)

Bref, ce qui vient après, c’est ce qui s’est déjà derrière. Peut-être faut-il le prendre avec un brin de philosophie…

Déjà 20h09. Ah mince! Mes 34 minutes sont écoulées.

Pourquoi trente-quatre? Parce que j’ai décidé d’arrêter maintenant. Voilà.

À bas le week-end!

Ben non, je veux pas qu’on élimine les fins de semaine, voyons!

J’en veux plutôt à l’anglicisme week-end, qui est maintenant devenu largement accepté.

En fait, j’ai une suggestion.

Eh oui!

(Là, faites-moi plaisir : faites semblant d’entendre un lourd roulement de tambour…)

(puis… cymbale.)

C’est l’heure d’inventer un mot nouveau pour remplacer week-end.

Bref, mettre un terme à sa place!

(re-tambour-cymbale, en accéléré)

(Hein?)

Approchez, approchez…

… ben, pas trop proche, là. Juste assez pour lire.

Sans plus tarder, voici le mot : SAM-DIM!

Je sais, ça sonne comme un mets chinois… mais quand même, on reconnaît tout de suite les abréviations pour samedi et dimanche, soit les deux jours dudit weekend!

Pourquoi ce terme? Pourquoi pas fin de semaine?

D’abord, parce que pour qu’un terme soit accepté en français, il faut qu’il ait un sceau d’approbation de l’Académie française et du peuple français. C’est écrit quelque part. En tous cas, moi je viens de l’écrire.

Or, les Français ne diront jamais fin de semaine, car pour eux, ça désigne la fin de la semaine de travail (donc les jeudi, vendredi), et ça exclut les samedi et dimanche.

(Corrigez-moi si je me trompe, mais une rumeur de source fiable me l’a dit.)

De plus, on sait combien les Français adorent utiliser de l’anglais pour décorer leur accent — et pourquoi pas se faire tinter la cédille…

En fait, saviez-vous que ce sont les Français qui ont inventé l’expression week-end avant même que le monde anglophone ne leur pique cet inspirant mot valise?

(Là, croyez-moi sur parole. Essayez, au moins.)

Qui plus est, puisque que le mot est plus bref que la fin de semaine, ils vont hurler si l’on leur propose quelque chose de plus long que deux syllabes.

Et sans doute de plus en plus de Québécois devenus adeptes du mot qui commence par W et que je n’ose plus prononcer tellement je m’en mord la langue…

Comment utiliser le terme sam-dim?

Ce terme est approprié pour les conversation écrites :

Que fais-tu ce sam-dim?

On pourrait aussi l’abréger avec les premières lettres :

Que fais-tu ce s-d?

Il pourrait être dit au long :

As-tu passé un bon samedi-dimanche?

Euh… non. Oubliez ça… ou, faites-le. Faites donc comme vous le voulez.

L’important à retenir aujourd’hui, c’est ceci :

C’est LUNDI, bon début de semaine!