Pète plus fort

J’aimerais croire que les mots puissent influencer le monde dans le bon sens.

On a dit tant de choses à propos de ces leaders qui galvanisent les foules de leurs discours rassembleurs, et parfois un peu trop racoleurs. Certains de ces discours mènent jusqu’à la guerre, passant d’abord par la méfiance envers quiconque s’oppose aux idées de ces leaders dit éclairés.

Qu’en est-il de ceux qui souhaitent empêcher de faire des folies ceux qui souhaitent avant toute chose faire parler d’eux comme des héros, des sauveurs?

Celui qui cherche l’adulation du peuple sait ce que ce dernier veut entendre. Il écoute sa souffrance, et il la recrache dans les mots de ceux qui souffrent, à leurs oreilles qui essuient tout. Il leur apporte une solution simple et rapide dont il est d’abord convaincu de la résonnance. Il sait qu’elle doit être facile à comprendre et à rapide à mettre à exécution. Assez rapide pour que les intéressés voient le progrès, ou du moins, son apparence. Parce qu’on sait qu’en temps de besoin, voir, c’est croire.

Maintenant, ceux qui cherchent avant tout le bien de l’humanité, jusqu’au sacrifice de leur vie, s’il le faut, que peuvent-ils faire contre cela? Un peuple souffre, à en désespérer. Il cherche un héros pour les sauver. Impossible de l’arrêter. Ils souffrent. Elles souffrent. Ils et elles l’écouteront coute que coute, s’il réussit à les convaincre, par ses mots (qui sont un peu des leurs), qu’ils peuvent lui faire confiance. À force de regagner confiance, de ressentir de plus en plus leur cœur mal en point rebattre, le peuple dupe devient sourd et aveugle, tout comme son leader d’ailleurs. Les opposants n’ont aucune place dans leur cœur gonflé d’orgueil, et qui bat désormais à la rhétorique de l’idéologue.

Même s’ils souhaitent élever le monde, avec les meilleures intentions, les plus instruits seront perçus comme des imposteurs, des charlatans, des trompeurs. Tout ce qu’ils diront n’atteindra pas leur raison non plus. Alors, faut-il abandonner l’idée d’emblée? L’être humain est-il voué à l’échec?

La responsabilité de ceux qui s’opposent à la bêtise humaine est lourde. Le choix des mots est sensible. Leur forme aussi. C’est si difficile de bien communiquer quand quelqu’un refuse d’écouter. C’est comme ça dans tellement de choses.

J’oserais espérer qu’à force de tricoter des discours qui s’adressent à la raison du commun des mortels, il y en aurait un dont un aveugle ou un sourd pourrait se parer et en ressentir les bienfaits. Puis, que le produit de cet éveil sensoriel puisse réveiller d’autres âmes meurtries, qui auraient à leur tour envie de rétablir le bon sens… jusqu’au leader.

Peut-être que le monde a besoin de plus de morceaux de solutions que d’une solution prémâchée. Nous sommes tous responsables du sort de l’humanité. Ne restons pas silencieux. Ne restons pas cachés. Il faut plein de petits morceaux de leaders pour en empêcher un seul de tout faire dérailler.

Que voulez-vous que je vous dise?

J’aurais aimé avoir quelque chose de rigolo à dire ce soir, mais l’inspiration est vraiment trop bien cachée. Tant mieux pour elle. J’ai envie de la laisser se reposer un peu. Bientôt, elle ressortira avec plein d’autres tours à jouer aux mots.

Alors ce soir, je vais plutôt écrire à propos de cette difficulté d’écrire lorsque l’inspiration n’est pas au rendez-vous. Lisez si ça vous chante. Moi, mon objectif est atteint. Vous comprendrez en lisant.

Commençons par régler le cas de cette espiègle rebelle qui n’a aucun besoin d’être présentée. Pourtant, vous vous en doutiez sans doute : l’inspiration ne se commande pas d’elle-même; il y a toujours quelque chose qui la provoque.

De toute façon c’est connu : pour écrire, il faut toujours partir de quelque part. À la limite, on peut tout simplement commencer avec quelques mots banals, et on ajoute ensuite ce qui nous vient en tête, comme ça vient. En tous cas, pour moi, ça fonctionne bien comme ça.

Toujours est-il qu’il faut partir de quelque part. Avec une intention? Peut-être. Peut-être que non. Ça dépend. Ça dépend de quoi? Ça dépend de l’objectif qu’on a donné pour ce que l’on écrit ou que l’on veut écrire.

Vous voyez, sur ce blogue, je me suis donné des objectifs, en plus d’une mission. L’un des objectifs est d’écrire chaque jour, sauf le dimanche. Je dis objectif, mais c’est plus une règle ou un moyen. Un objectif doit viser un but, et dans ce cas, le but, c’est la discipline.

En fait, il y a deux buts (on pourrait aussi dire deux objectifs) : me discipliner, oui, mais aussi pratiquer mes aptitudes à l’écrit, pour que je sois plus rapide et plus agile. Dans les deux cas, mon défi est d’apprendre à être un écrivain (ou un rédacteur?) rigoureux et discipliné. On pourrait dire que ce but serait de discipliner ma pratique. Voilà. C’est presque tout à fait ça. Et le moyen de le faire, c’est la règle : celle d’écrire chaque jour.

Or, la mission de mon blogue comprend en partie cet objectif de pratique, mais aussi celle d’intéresser et de divertir d’éventuels lecteurs (je sais qu’il y en a déjà quelques uns). J’ai déjà abordé ce dilemme plus tôt, dans les premiers messages envoyés (ou articles publiées).

Je devais parler de la difficulté d’écrire en manque d’inspiration. Le problème c’est la contrainte. Ici, la contrainte, c’est d’écrire chaque jour. Et puisque l’inspiration ne se commande pas, j’ai deux choix : soit passer par dessus la règle (celle d’écrire chaque jour), soit contredire en partie la mission, c’est-à-dire de divertir.

En ce moment même, je vis ce dilemme. Je me fais plaisir à moi-même en répondant à mon objectif, et en même temps, je risque de faire fuir mes lecteurs, qui s’attendent à être divertis.

Mais il y a plus! Il y a pire! Il y avait une autre contrainte : celle d’être bref! Voilà que je l’ai transgressée honteusement. Toutefois, cette allusion est hors sujet, alors je peux au moins passer rapidement dessus.

Au final, la difficulté, c’est le fait qu’en temps normal, on écrit quelque chose d’intéressant les jours où l’inspiration se pointe en puissance, sinon on attend le jour suivant. Difficile d’avoir quelque chose d’intéressant à écrire chaque jour. Peut-être est-ce simplement une question d’expérience?

Peu importe. Pour contourner cette difficulté, mon truc à moi, c’est de varier les sujets. Si l’inspiration refuse de jouer avec les mots, je me résigne à parler de moi. À parler de ça, de ce sujet. Au moins je répond à l’une des règles et je me fais plaisir.

(Tant pis pour celle de la brièveté.)