À point

Voici une nouvelle leçon de français au sens tout-à-fait démontrable (ou démontable, c’est selon).

Vous savez, quand on veut dire que quelque chose est prêt, on dit qu’il est à point, n’est-ce pas?

Or, le saviez-vous, avant d’atteindre ce statut de perfection, ladite chose peut franchir plusieurs étapes, avant de se terminer (tiens, un lien avec le message d’hier!).

Par exemple, quand une phrase est finie, elle se termine effectivement par un point, oui? (C’est vrai, n’est-ce pas?)

On peut dire que ce n’est que lorsqu’elle se termine par un point que la phrase est effectivement complète; elle est, en quelque sorte, parfaite. D’accord?

Bien sûr que vous êtes d’accord. C’est mon blogue.

Or, dans la phrase, il y a des morceaux de phrases, des propositions qui sont séparés par d’autres marques de ponctuations, telle que la virgule, le point-vigule et le deux-points.

(En passant, on dit aussi les deux points, selon l’OQLF.)

Ces marques de ponctuation servent à faire des pauses ou lier deux idées. En voici trois qui font partie de la même famille :

  • La virgule, la ponctuation la plus timide, fait une très petite pause, le temps de reprendre son souffle entre deux morceaux de phrases.
  • Le point-virgule est le grand-frère de la virgule. Il joue même rôle, mais entre deux bouts de phrases qui ont un lien logique.
    On l’utilise d’ailleurs notamment à la fin d’un élément dans une liste à points (comme celle-ci). Par exemple, voici une liste de trois éléments qui auraient quelque chose en commun :
    • un élément qui fait partie de la liste;
    • un deuxième élément qui se situe entre le premier et celui du dessous;
    • le petit dernier, qui est en fait plus grand que les précédents; mais on s’en fout. C’est un exemple.
  • Le deux-points, l’ainé, joue un rôle encore plus important : celui de citer, d’expliquer, de faire des énumérations. C’est le P’tit Joe Connaissant de tous. C’est celui qui a quitté la maison (laissant derrière la petite virgule et son frère le point-virgule, qui sont encore trop jeunes) pour aller à l’université. Celui qui a déjà plusieurs années d’expérience dans les textes de tout genre. Il a même eu un rôle comme signe diviseur en mathématiques, un autre pour séparer les heures et les minutes, et d’autres apparitions plus rares. Il est très polyvalent. Il est fort, mais il y a plus au-dessus de lui.
Au dessus de tous figure le point, soit le paternel (parce qu’un point, c’est masculin; ce n’est pas moi qui ai choisi le sexe des signes ponctués (ok?), dit-je en guise de superbe excuse pour rester politiquement incorrect). C’est effectivement le signe de la perfection, celui qui a l’ultime pouvoir de mettre un terme à tout (J’invente, bien sûr; c’est loin de la réalité! Hélas…).

On le voit donc très bien : avant d’atteindre la perfection du point, une phrase atteint plusieurs stades!

En effet, avant d’être à point, une phrase peut-être :
  • à virgule;
  • à point-virgule;
  • à deux-points.
Voilà une autre vérité démontrée hors de tout doute. J’ai raison, un point c’est tout.
En fait, un point sait tout, parce que Papa a raison. 😉

En hiver, tous philosophent.

Ce qu’on appelle les nuages sont des particules d’eau en suspension dans l’air, à l’état de vapeur.

En hiver, cette vapeur se transforme en cristaux de glace, qu’on appelle flocons.

Ces flocons se retrouvent au sol, sous la forme de neige; qu’il faut pelleter.

Voilà, c’est prouvé.  En hiver, tout le monde pellette des nuages… .

(…)

Hé!  En passant, je parie que vous ignoriez comment conjuguer adéquatement le verbe pelleter vous aussi.  Vous avez bien lu, on écrit bien Je pellette, eh oui!  Drôle, hein?

Rassurez-vous, il tout à fait correct de ne pas prononcer la deuxième syllabe dans le verbe accordé. On dira plus souvent je pel-te (sans le let). — Source : Multi-dictionnaire.

Langue, langueur et languir

L’adjectif langoureux n’a pas la signification que je croyais, et sans doute pas la vôtre non plus!

Selon mes amis Robert et Larousse, ce mot signifie affaibli par la maladie, ou qui manifeste de la langueur. Même chose pour languide, un mot qu’on ne veut même pas voir exister tellement il est rarement utilisé. Langueur signifie aussi mélancolie douce et rêveuse, et tristesse vague.

Bref, ces mots n’ont apparemment aucun rapport avec la langue. Par contre, c’est très compatible avec l’amour. Ne dit-on pas avoir un faible pour quelqu’un, et même tomber amoureux?

Faire languir quelqu’un, maintenant, c’est le faire attendre. À peu près tout le monde (qui utilise le français couramment) le savait, j’imagine. Sauf que languir signifie d’abord perdre lentement ses forces. Quelqu’un qui languit est languissant. Quand on dit : Je meurs d’envie de te revoir, c’est probablement ça : un autre coup de la maladie d’amour.

En tous cas, on peut peut-être dire que, quand on aime langoureusement, on a la langue à terre…